Cycle "Cartes et territoires"

Du 18 au 20 mars 2014
Projections et conférences

« La carte n’est pas le territoire ».

Sur cet aphorisme percutant d’Alfred Korzybski, fondateur de la sémantique générale, se fonde ce cycle cinématographique interrogeant la question de la représentation. La carte ne peut être ce qu’elle représente, parce que sa fonction même est d’appliquer des filtres afin de rendre le réel intelligible. En cela, elle porte la marque de celui qui la trace et de sa perception du monde.
Si elle est reflet d’un mouvement de l’esprit, passage entre réflexion intérieure et réalité extérieure, que représente-elle de nos territoires imaginaires et psychiques, de notre façon de penser le monde, d’être au monde ?

Ce cycle invite à un parcours sensible au cœur de cette question. Nous cheminerons, en Palestine, aux côtés de Pier Paolo Pasolini arpentant le territoire, avec pour carte et boussole les écrits saints, à la recherche d’un archaïsme fantasmé, confronté à la réalité de la modernité.
Les Vidéocartographies de Till Roeskens, quelques décennies plus tard, nous entraînent sur d’autres pistes, d’autres traces, celles encore du peuple palestinien, cette fois, établissant les relevés de leur oppression, géographique autant que psychique. Sur les lignes d’erre dessinées par des enfants autistes, petits protégés du pédagogue Fernand Deligny, suivons leurs trajectoires dans leur univers hors de tout langage.
Enfin au bout de la route, jusqu’à l’épuisement, trouvons Gerry, film sans carte et sans boussole, film de et sur la perte, de corps en prise avec la topographie d’un environnement inhospitalier et abstrait dans son épure. Un territoire dont peut-être aucune cartographie ne serait possible.

Le territoire est un et ses représentations infinies.

Mardi 18 mars
19h30 : Repérages en Palestine de Pier Paolo Pasolini
            Vidéocartographies : Aïda, Palestine de Till RoeskensMercredi 19 mars
18h30 : Conférence Image et langage chez Deligny
20h30 : Ce Gamin-là de Renaud Victor

Jeudi 20 mars
18h30 : Conférence Poésie du désastre
20h30 : Gerry de Gus Van Sant