Ciclic - Actualités du pôle Livre et lecture Fri, 20 May 2022 13:16:23 +0000 https://ciclic.fr/ Rencontre des festivals et maisons d'édition BD et jeunesse en Centre-Val de Loire https://ciclic.fr//actualites/rencontre-des-festivals-et-maisons-d-edition-bd-et-jeunesse-en-centre-val-de-loire <p class="chapo">Dans le cadre de sa mission d'animation de la filière livre, Ciclic&nbsp;Centre-Val de Loire convie les festivals, salons et les maisons d'édition BD et jeunesse de la région à une journée de rencontre le samedi 11 juin, à Blois, en partenariat avec la Maison de la BD.<span></span></p><p><span>Sur un territoire régional riche d'acteurs travaillant dans les domaines de littérature jeunesse et de la bande dessinée, l'agence Ciclic Centre-Val de Loire souhaite aujourd'hui favoriser leurs rencontres et échanges interprofessionnels. </span></p><p>Organisée autour de deux temps de présentations des salons et manifestations littéraires, d'abord, puis des maisons d'édition régionale de la littérature jeunesse et de la bande dessinée, cette journée se donne pour objectifs de :</p><ul><li>Favoriser l'interconnaissance, pour développer une dynamique de collaborations et de synergies à l'échelle de la région</li><li>Offrir un temps d’échange, en faisant état des problématiques des festivals et salons jeunesse et BD de la région ;</li><li>Proposer un coup de projecteur sur les maisons d'édition jeunesse et BD de la région</li></ul><p><span>► <strong>Déroulé prévisionnel</strong> :</span></p><ul><li><small>9h30 &gt; 10h00 :&nbsp;</small><span><small>Accueil café</small></span></li><li><small>10h00 &gt; 10h15 : Introduction de la journée</small></li><li><small>10h15 &gt; 12h30 : Présentation des salons et festivals BD et jeunesse, suivie d'un temps d'échange sur les problématiques communes actuelles</small></li><li><small>12h30 &gt; 14h00 Pause déjeuner</small></li><li><small>14h00 &gt; 16h00 Présentation des maisons d'édition jeunesse et BD et temps d'échange</small></li></ul><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/6d2a0094-0a0e-4758-bc95-3c4a4f9e4e46.png?itok=_9uLmNja"/> Wed, 11 May 2022 17:57:23 +0200 https://ciclic.fr/actualites/rencontre-des-festivals-et-maisons-d-edition-bd-et-jeunesse-en-centre-val-de-loire actualites Formation "Animer une rencontre littéraire" https://ciclic.fr//actualites/formation-animer-une-rencontre-litteraire <p><strong>Ciclic Centre-Val de Loire propose une formation intitulée "Animer une rencontre littéraire"&nbsp;à destination des libraires. Une rencontre littéraire demande une préparation logistique qui comporte plusieurs étapes à planifier avant la rencontre, c'est pourquoi nous vous proposons d'enrichir vos connaissances auprès de professionnels.</strong></p><h4><strong>Public visé : </strong></h4><p>Libraires, responsables de rayon</p><h4><span>Prérequis et modalités d'accès :</span></h4><ul><li>Être libraire ou en voie de le devenir</li><li>Vendeur E</li></ul><h4>Modalités pédagogiques</h4><ul><li>Méthodes</li><ul><li>Alternance d'apports théoriques et d'échanges d'expériences.</li><li>E<span>xercices pratiques basés sur des s</span><span>upports pédagogiques.</span></li></ul></ul><h4><span>Intervenante : </span></h4><h5><span>Sophie Quetteville</span></h5><p><span>Ancienne libraire aujourd'hui animatrice littéraire et organisatrice d’événements, son expérience lui permet de parsemer d’anecdotes et de conseils son cours théorique.</span><span></span><span></span><strong></strong></p><h4>Objectifs :&nbsp;</h4><ul><li><span>Préparer et animer une rencontre littéraire.</span></li><li><span>Renforcer les relations avec ses partenaires et sa clientèle.</span></li><li><span>Maîtriser les enjeux économiques d’une rencontre.</span></li></ul><h4><span>Contenu :</span></h4><ul><li><strong><span>Mettre en place une rencontre</span></strong></li><ul><li><span>Prendre contact avec un auteur, une autrice et sa maison d'édition</span></li><li><span>Entretenir un lien avec un auteur, une autrice</span></li><li><span>Connaître ses oeuvres et préparer une rencontre originale</span></li><li><span>Planifier et cibler sa communication.</span></li></ul><li><strong><span>Définir le type de rencontre envisagée</span></strong></li><ul><li><span>Repérer ou anticiper les attentes de sa clientèle</span></li><li><span>Animer la rencontre ou faire appel à un animateur, une animatrice externe</span></li><li><span>Maîtriser les enjeux des différents types de rencontre (lectures d’extraits, rencontresmusicales,…)</span></li><li><span>Définir le rôle de chacun dans la rencontre</span></li><li><span>Organiser son espace.</span></li></ul><li><strong><span>Évaluer les moyens financiers</span></strong></li><ul><li><span>Maîtriser les conditions de rémunérationd’un auteur, d'une autrice</span></li><li><span>Évaluer le potentiel de vente de larencontre</span></li><li><span>Élaborer un budget prévisionnel en tenant compte des conditions concrètes d’accueil (voyage, hébergement,…)</span></li><li><span>Solliciter des aides financières et négocier avec ses partenaires.</span></li></ul><li><strong><span>Mesurer l’impact de la rencontre sur sa librairie</span></strong></li><ul><li><span>Renforcer les relations avec ses partenaires</span></li><li><span>Valoriser l’image de sa librairie</span></li><li><span>Analyser la rentabilité financière de la&nbsp;<span>rencontre.</span></span><span></span></li></ul></ul><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/books-imagination-still-life_1.jpg?itok=XgbKI4Dv"/> Tue, 10 May 2022 12:18:34 +0200 https://ciclic.fr/actualites/formation-animer-une-rencontre-litteraire actualites Rencontre avec Anne Simon au Clos des Bernardines (41) https://ciclic.fr//actualites/rencontre-avec-anne-simon-au-clos-des-bernardines-41 <div class="chapo">Le <span>Clos des Bernardines vous propose une</span>&nbsp;rencontre avec Anne Simon autour de son dernier livre&nbsp;<em>Une bête entre les lignes </em>paru aux éditions <span>Wildproject</span><em>.&nbsp;</em>Directrice de recherche au CNRS, spécialiste de Proust, elle explore la richesse de nos relations aux animaux à travers les récits et les rêves des écrivains. Des voyages imaginaires qui nous permettent de renouveler notre entrelacement avec les autres vivants.</div><p class="has-text-align-center accroche" style="text-align: center;">«&nbsp;Des bêtes dans nos bibliothèques :<br />littérature et animalité&nbsp;»&nbsp;</p><address style="padding-left: 30px;">Directrice de recherche au CNRS, Anne Simon est responsable du carnet de&nbsp;zoopoétique «&nbsp;<a href="https://animots.hypotheses.org/">Animots</a>&nbsp;» à la République des Savoirs (CNRS-ENS-Collège de France). Sa recherche porte les&nbsp;revitalisations du motif de l’arche et sur l’objectalisation des animaux&nbsp;en littérature. Elle a publié&nbsp;<em><a href="https://wildproject.org/livres/une-bete-entre-les-lignes">Une bête entre les lignes. Essai de zoopoétique</a>&nbsp;</em>aux éditions Wildproject en 2021, et codirigé quatre numéros&nbsp;spéciaux en études animales littéraires et écopoétique :&nbsp;<em>L’Esprit&nbsp;créateur</em>&nbsp;(2011),<em>&nbsp;Contemporary French and&nbsp;Francophone Studies&nbsp;</em>(2012),&nbsp;<em>Fixxion&nbsp;</em>(2015),&nbsp;<em>Revue des Sciences humaines</em>&nbsp;(2017). Anne Simon est par ailleurs l’autrice de quatre ouvrages&nbsp;sur Proust.</address><p><span style="background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align);">« Entre les lignes de nos textes, de nos cultures et de nos vies, se glissent des bêtes – familières, indifférentes ou effroyables. Anne Simon aborde la richesse de nos relations aux animaux à travers les récits et les rêves des écrivains.</span></p><p>Si la littérature est apte à évoquer la puissance et la profusion des vies animales, c’est que la langue et l’écriture elles-mêmes, souvent considérées comme des «&nbsp;propres&nbsp;» de l’espèce humaine, se découvrent traversées par l’animalité. La langue poétique permet d’accéder aux bêtes qui, soufflant et traçant leurs histoires de vie et de survie à même le monde, nous ont peut-être appris à lire.</p><p>Entre le temps immémorial de notre évolution avec les bêtes sauvages et le temps contemporain du saccage du vivant, Anne Simon explore les livres-arches qui déploient les mondes fascinants auxquels nous ouvrent les animaux.</p><p>Ces voyages imaginaires – en dialogue avec des travaux d’historiens, d’anthropologues ou de philosophes – élargissent nos galaxies mentales et nous permettent de renouveler notre entrelacement avec les autres vivants.</p><p><em>Un ouvrage pour (re)découvrir Marcel Proust, Jean Giono, Maurice Genevoix, Béatrix Beck, Jacques Lacarrière, Andrzej Zaniewski, Jean Rolin, Olivia Rosenthal, Yves Bichet, Maryline Desbiolles, Tadeusz Konwicki, Henrietta Rose-Innes, Marie Darrieussecq, Éric Chevillard, Svetlana Alexievitch, Jacques Derrida, Jean-Christophe Bailly…&nbsp;</em>»</p><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/couv-unebete-1000x800.jpg?itok=cyiDghE9"/> Mon, 28 Mar 2022 10:08:37 +0200 https://ciclic.fr/actualites/rencontre-avec-anne-simon-au-clos-des-bernardines-41 actualites Formation "Dynamiser son rayon littérature française contemporaine" https://ciclic.fr//actualites/formation-dynamiser-son-rayon-litterature-francaise-contemporaine <h4>Ciclic Centre-Val de Loire propose une formation intitulée "Dynamiser son rayon littérature française contemporaine"&nbsp;à destination des libraires.&nbsp;Objectifs de cette journée : développer qualitativement son rayon afin de développer son chiffre d'affaires.&nbsp;</h4><p>La littérature française constitue à elle seule l’un des plus gros chiffres d’affaires du marché éditorial. Fortement médiatisé, porté par lesgrands prix saisonniers, ce secteur représente un enjeu primordial de l’offre en librairie.&nbsp;</p><h4>Objectifs :</h4><ul><li>Avoir une meilleure connaissance des fonds, des tendances et de la clientèle du rayon</li><li>Mieux choisir son assortiment et mieux le mettre en scène</li><li>Mieux orienter et conseiller sa clientèle</li><li>Améliorer l’implantation de son rayon dans sa librairie</li><li>Mettre au point un plan d’action personnalisé</li><li><span>Augmenter son chiffre d'affaires et sa marge</span></li></ul><h4><span>Contenu :</span></h4><h5><span><span>Mieux connaître le secteur, approche générale</span></span></h5><p><span>- Histoire du rayon et de son évolution<br /></span><span>- Planisphère de l’édition<br /></span><span>- Les grandes tendances du moment<br /></span><span>- Les données chiffrées de ce secteur</span></p><p><span><span>Améliorer sa culture rayon et son assortiment<br /></span></span><span>- La segmentation du rayon<br /></span><span>- L’assortiment : des titres incontournables aux plus inattendus<br /></span><span>- Les meilleurs documents et sites ressources, la veille éditoriale</span></p><p><span><span>Connaître sa clientèle et ses attentes<br /></span></span><span>- Connaître les typologies de clientèle et leurs attentes<br /></span><span>- Savoir répondre aux demandes les plus courantes du rayon<br /></span><span>- Évolution des pratiques et des comportements</span></p><p><span><span>Organiser et faire vivre son rayon<br /></span></span><span>- Le marchandisage : des idées de mises en place et de mises en avant<br /></span><span>- Des questions de signalétique<br /></span><span>- De l’utilité d’un plan d’animation alliant image et rentabilité</span></p><p><span><span>Analyser son rayon et définir son plan d’action<br /></span></span><span>- Définir ses points forts et ses points faibles<br /></span><span>- Se différencier : analyser ses concurrents et se positionner<br /></span><span>- Définir l’implantation et le mobilier adapté aux spécificités du rayon<br /></span><span>- Repenser son assortiment<br /></span><span>- Mettre au point son plan d’action pour la mise en oeuvre des changements au sein&nbsp;</span><span>de la librairie</span></p><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/pexels-nubia-navarro-nubikini-1517355.jpg?itok=jsH5Q8-P"/> Wed, 23 Mar 2022 14:44:39 +0100 https://ciclic.fr/actualites/formation-dynamiser-son-rayon-litterature-francaise-contemporaine actualites Morceaux choisis 2 – #4 Récits de la 15e édition des mille lectures d'hiver https://ciclic.fr//actualites/morceaux-choisis-2-4-recits-de-la-15e-edition-des-mille-lectures-d-hiver <p class="chapo" style="text-align: justify;">Ciclic a demandé à Aurélien Lemant d'éditorialiser les «&nbsp;carnets de route&nbsp;» de la 15e&nbsp;saison, si particulière, de mille lectures d'hiver&nbsp;; il vous invite à en vivre la réalité intime. Aurélien Lemant est écrivain, metteur en scène et aussi comédien. À ce titre, il a lui-même été l’un des comédiens-lecteurs des mille lectures d’hiver. C’est dire s’il connaît l’aventure ! Ciclic vous propose de découvrir ici le quatrième et dernier épisode de la série...</p><p class="accroche" style="text-align: center;"><strong>Morceaux choisis 2</strong></p><div><div style="text-align: right;"><p align="center"><strong>– A&nbsp;<span>–</span><span>&nbsp;</span></strong></p><p align="right">«&nbsp;<em>Le commencement d'une histoire d'amour en est la meilleure part et toute vraie passion est un commencement toujours renouvelé. C'est pourquoi les vraies passions ne se terminent jamais, mais cessent un jour de commencer.</em>&nbsp;»</p><p align="right">Joël Baqué, in <em>La Fonte des glaces</em></p><p align="right"><em>&nbsp;</em></p><p style="text-align: justify;">C’est drôle, en 2021, deux livres sur les quarante-et-un choisis par les Mille Lecteurs d’Hiver avaient le mot <em>amour</em> dans leur titre. Par comparaison, seulement cinq d’entre eux contenaient l’article indéfini «&nbsp;un&nbsp;». Comme par exemple dans <em>Un amour</em>, justement, de Christophe Manon.</p><p style="text-align: justify;">Des personnes qui aiment lire, d’autres qui aiment qu’on leur lise. <strong>«&nbsp;<em>C'était face à un important auditoire de dix-sept personnes que j'ai pu donner ma lecture dans la salle des mariages.&nbsp;</em>» </strong>C’est beau de venir marier une œuvre avec des inconnus, comme un officier de mairie alternatif, un pasteur laïc, une fée, c’est bon de célébrer la possibilité d’un amour. <strong>«</strong>&nbsp;<strong><em>Dix-sept personnes pour la plupart très averties, mais certaines semblaient néanmoins nouvelles venues aux Mille Lectures ! Toutes ravies d'être au rendez-vous, dans le frais soleil printanier qui baignait le parc.</em>&nbsp;» </strong>Des lecteurs, à haute voix ou en leur for, qui s’émerveillent de retomber amoureux de ce qu’ils croient connaître par cœur – mais le cœur, n’est-ce pas… <strong>«&nbsp;<em>Il y a un passage où j'étais très émue aujourd'hui parce que je n’avais pas lu ça encore, pas vu en tous les cas, ce que j’ai vu, là, aujourd'hui, qui m'a émue. C'est ce que j'aime quand je lis de la poésie, ces surprises qui naissent au détour d'une image. J'aime les mots dont les sens multiples miroitent et scintillent différemment selon la lumière du jour, l'heure, la présence.</em>&nbsp;» </strong>Et partout des gens qui aiment se réunir. Se voir et s’entendre. Le livre posé au milieu est un accident collatéral, un prétexte sincère et un trait d’union au marqueur gras pour ne pas oublier. <strong>«</strong>&nbsp;<strong><em>Je retrouve dans l'assistance des amis de mes parents que j'aime beaucoup. Heureux hasard.</em></strong>&nbsp;<strong>»</strong> Ou connivence électrique, secret amour partagé. Rose blanche. A laisser sécher entre la couverture et la page de garde.</p><p>&nbsp;</p><p align="center"><strong>– B –</strong></p><p align="right">«<em>&nbsp;Quelques lignes se dessinent sur le plafond : narrateur, ta mémoire est une aiguille qui transforme le temps en dentelle. Et si les trous étaient plus mystérieux que les contours que tu dessines ? Quelle est donc cette part de toi qui pourrait remplir les trous de ta dentelle ? Qui es-tu ?&nbsp;</em>»</p><p align="right">Fatou Diome, in <em>Le Ventre de l’Atlantique</em></p><p><strong>&nbsp;</strong></p><p style="text-align: justify;">Mais oui, qui est le narrateur&nbsp;? Est-ce celui qui lit ou celui qui écrit, un personnage ou l’ouvrage lui-même&nbsp;? Bien des énigmes se posent là où on ne les attend parfois pas du tout, et le public aime demander autant que répondre, tester ou douter. <strong>«<em>&nbsp;Je prépare toujours la rencontre qui suit, je note des éléments sur une fiche bristol en cas de trou de mémoire, de panne d'inspiration durant l'échange... Mais cette année encore, je n'ai pas tellement eu besoin de la fiche, cette première rencontre s'est passée très simplement : les remarques et sensations des lecteurs ont naturellement amené les sujets de discussions. L'heure est vite passée. On m'a dit que mon enthousiasme y avait été communicatif. Même si le texte ne touche pas tout le monde, la discussion apporte un éclairage à certains. Je crois beaucoup à cela&nbsp;: que certaines personnes peuvent nous amener à des œuvres dont on n'aurait pas pensé qu’elles nous plairaient, que les affinités et la médiation des artistes font tomber des barrières et ouvrent des chemins.&nbsp;</em>»</strong></p><p style="text-align: justify;">&nbsp;</p><p align="center"><strong>– C –</strong></p><p align="right">«&nbsp;<em>L'enfant possède une chose que l'adulte cherche désespérément tout au long de son existence : un refuge. Ce sont les parois de l'utérus avec tous les nutriments affluant quotidiennement qu'il faut parfois arriver à reconstruire autour de soi. J'ai l'étrange impression que lorsque l'on échoue, le monde cherche à nous y remettre par un coup du sort, quelque chose du dehors nous rappelle à la vie intérieure en nous enfermant dans un huis clos a priori lugubre, mais en réalité salvateur. Quatre murs étroits, une petite porte et des contacts restreints – Hugo sur l'île dans la paroisse face à la mer compose ses vers ; Soljenitsyne dans les bois du Vermont se ressaisit de l'histoire russe ; Trotski dans ses prisons échappe à la mort et écrit ; Lowry dans sa cabane rassemble le bruit du monde pourtant invisible d’où il se trouve. Que fais-je d'autre que ce qu'ils ont accompli ?&nbsp;</em>»<em></em></p><p align="right">Nastassja Martin, in <em>Croire aux fauves</em></p><p align="right"><em>&nbsp;</em></p><p style="text-align: justify;">Que celles et ceux qui ont déjà participé à une des Mille Lectures d’Hiver s’en souviennent&nbsp;: au terme de la rencontre, cela fait <strong>«&nbsp;<em>"grand bien d'avoir de l'air qui [vous] circule dans la tête !"</em>&nbsp;»</strong>. Cette brèche dans l’existence qui autorise un repli vers les origines, recréant les conditions initiales de l’enfance primordiale – la douceur de ténèbres encore intactes, le son d’une voix parvenue comme depuis les gouffres, le mystère et l’échange des flux au sein d’un microcosme protecteur –, ce <em>huis clos salvateur</em>, la lecture publique les restitue tout entiers. <strong>«&nbsp;<em>Venu en vélo reparti en vélo&nbsp;</em>» </strong>clame un lecteur bravant les départementales à deux roues,<strong><em> </em>«<em>&nbsp;cette lecture fût un moment à part, comme un postier, un livreur de quartier, un boulanger par exemple, enfin une sorte d'essentiel</em>&nbsp;»</strong> accouru pour déposer le nutriment, le «&nbsp;<em>mystique aliment</em>&nbsp;» dirait Baudelaire, qui fait notre vigueur et notre longévité face au froid, aux règles de distanciations, un bipède avec son livre en papier arrivant un peu plus tôt que l’horaire indiqué pour installer <strong>«</strong>&nbsp;<strong><em>sept chaises qui semblent perdues dans l'immensité du désert…</em></strong><em>&nbsp;</em><strong>»</strong>.<span style="text-align: right; background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight);">&nbsp;</span></p><p align="center"><strong>&nbsp;</strong></p><p align="center"><strong>– D –</strong></p><p align="right">«&nbsp;<em>Vous croyez pouvoir traverser cette vie en faisant semblant, en souriant et en agissant comme si vous n'aviez rien à voir avec tout cela, pas vrai ? Eh bien, vous vous trompez.&nbsp;</em>»</p><p align="right">Laura Kasichke, in <em>En un monde parfait</em>.</p><p style="text-align: justify;">Avant. <strong>«</strong>&nbsp;<strong><em>L'accueil avait lieu dans une petite salle attenante à la bibliothèque. Deux bénévoles en charge de la bibliothèque m'y attendaient. Elles avaient installé une petite table d'écolier, une grosse lampe de salon et un petit verre à pied rempli d’eau posés dessus. C'était assez mal assorti mais très attendrissant.&nbsp;</em>»<em></em></strong></p><p style="text-align: justify;">Pendant.<strong> «&nbsp;<em>La lecture se déroule dans un fabuleux silence, signe d'une attention extrême. Les mots ne se perdent pas, ils chatouillent les oreilles et titillent les esprits. </em>»</strong></p><p style="text-align: justify;">Pause. <strong>«&nbsp;<em>Après les derniers mots lus, nous traversons un petit moment empli d'un étrange silence.</em>&nbsp;»</strong></p><p style="text-align: justify;">Ensuite.<strong> «&nbsp;<em>Les réactions fusent avec célérité. Je ne me suis pas trompé, on s'est littéralement régalé de chaque mot, de chaque inflexion, de chaque surprise dans ce texte qui en regorge. Nous nous amusons à en commenter chaque détail, à raconter l'effet produit par tel ou tel passage du récit, nous baguenaudons joyeusement dans un vrai bonheur littéraire. Et cela dure, cela dure, cela dure…&nbsp;</em>»</strong>.</p><p style="text-align: justify;">Les Mille Lectures d’Hiver, c’est tout cela. Et en même temps, en même temps… une fois parcourus tous ces comptes-rendus intimes issus des carnets de route des comédiens, on n’en a encore absolument rien dit. Ou précisément, on n’a fait que dire.</p><p style="text-align: justify;">Or, elles ne se racontent pas, les Mille Lectures.</p><p style="text-align: justify;">Elles se vivent, et aucune n’est clone ni jumelle d’une autre.</p><p style="text-align: justify;">C’est un art et un don du présent.</p><p>&nbsp;</p><p align="right">«&nbsp;<em>C’est le soleil qui m’a réveillé, il appuyait sur mes paupières avec ses pouces chauffés à blanc. J’ai mis un bras en travers de mes yeux pour continuer à dormir. Il y avait un grand calme autour de moi, juste le bruit de l’air qui poussait sur la terre.</em>&nbsp;»</p><p align="right">Jean-Baptiste Andrea, in <em>Ma reine</em>.<strong> </strong></p><hr /><span style="text-align: left; background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight);">Fin du quatrième et dernier épisode.</span></div></div><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/imageonline-co-add-text_14.jpg?itok=BpWWyQRZ"/> Tue, 22 Mar 2022 12:01:19 +0100 https://ciclic.fr/actualites/morceaux-choisis-2-4-recits-de-la-15e-edition-des-mille-lectures-d-hiver actualites Formation : Optimiser la stratégie médias sociaux de sa maison d'édition https://ciclic.fr//actualites/formation-optimiser-la-strategie-medias-sociaux-de-sa-maison-d-edition <p class="chapo">L'agence Ciclic Centre-Val de Loire propose aux éditeurs et éditrices installé·es sur le territoire une formation pour se perfectionner et déployer sa communication sur Facebook et Instagram. Cette journée est animée par Stéphanie Vecchione, consultante et formatrice pour Axiales.&nbsp;</p><blockquote><p><strong>Le nombre de place étant limité (8 participants maximum), l'inscription est obligatoire avant le 25 juillet 2022.</strong></p></blockquote><h4>Public visé</h4><div><div>Éditeurs, community managers, responsable communication et/ou marketing. <br /> Toute personne animant des réseaux sociaux professionnels dans le secteur du livre.&nbsp;</div></div><h4><span>Prérequis</span></h4><div><p>Posséder et animer un ou des comptes professionnels sur Facebook et/ou sur Instagram (ce prérequis sera évalué lors du questionnaire préalable et fera l’objet d’une évaluation de la formatrice)</p></div><h4>Objectifs pédagogiques</h4><div><ul><li><span>Appréhender les dernières évolutions et tendances des médias sociaux</span></li><li><span>Perfectionner son utilisation de Facebook et gagner en visibilité sur ce média</span></li><li><span>S’installer ou déployer une communication sur Instagram</span></li></ul></div><h4>Intervenante</h4><p><strong>Stéphanie VECCHIONE</strong> est consultante et formatrice. Elle est, depuis dix ans, spécialiste de la promotion digitale du livre, et intervient auprès de tous les acteurs de la chaîne (libraires, diffuseurs, bibliothèques, éditeurs, relations libraires).</p><h4>Programme</h4><div><p><strong>Introduction</strong></p><ul><li>Évolutions et dernières tendances sur les médias sociaux</li><li>Attentes des lecteurs sur les médias sociaux</li></ul><p><strong>Développer sa visibilité sur Facebook </strong></p><ul><li>Repères et utilité des différents espaces de Facebook (profil, page, groupe, évènements)</li><li>Présentation du fonctionnement de l’algorithme</li><li>Gagner en visibilité en optimisant ses publications (rédaction, tonalité, image, vidéo)</li><li>Bonnes pratiques des acteurs du livre sur ce média</li></ul><p><strong>Capter un nouveau lectorat sur Instagram</strong></p><ul><li>Compréhension les enjeux liés à Instagram (e-commerce, cible ados, influenceurs, etc.)</li><li>Appréhension des différents formats proposés par ce média et de leurs usages dans le monde du livre</li><li>Pratique des différents formats (permanents, stories, IGTV, épingles, reels, directs)</li><li>Maîtrise de l’utilisation des hashtags</li><li>Bonnes pratiques des acteurs du livre sur ce média</li></ul><p><strong>Conclusion – Projection </strong></p><ul><li>3 actions à mettre en œuvre à court terme pour améliorer immédiatement les médias sociaux de sa maison</li></ul></div><div><h4>Méthodes pédagogiques</h4><p>Exposé et présentation de cas concrets, études de cas et travaux en sous-groupes sur les exemples des participants.</p><p>Boîte à outils pour faciliter l’animation quotidienne sur les médias sociaux.</p><h4>Modalités d'évaluation</h4><p>Chaque participant pourra travailler sur le perfectionnement de sa propre animation de ses comptes Facebook et Instagram&nbsp;: objectifs, cibles, contenus, espaces pertinents adaptés à chaque segment éditorial.</p><p>À l’issue de la formation, une évaluation sur son déroulement sera réalisée avec les participants sur chacun des points abordés.</p></div><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/social-media-gea240eb0d_1920.jpg?itok=V-k0Ah8k"/> Tue, 15 Mar 2022 17:43:28 +0100 https://ciclic.fr/actualites/formation-optimiser-la-strategie-medias-sociaux-de-sa-maison-d-edition actualites Morceaux choisis 1 – #3 Récits de la 15e édition des mille lectures d'hiver https://ciclic.fr//actualites/morceaux-choisis-1-3-recits-de-la-15e-edition-des-mille-lectures-d-hiver <p class="chapo" style="text-align: justify;">Ciclic a demandé à Aurélien Lemant d'éditorialiser les «&nbsp;carnets de route&nbsp;» de la 15e&nbsp;saison, si particulière, de mille lectures d'hiver&nbsp;; il vous invite à en vivre la réalité intime. Aurélien Lemant est écrivain, metteur en scène et aussi comédien. À ce titre, il a lui-même été l’un des comédiens-lecteurs des mille lectures d’hiver. C’est dire s’il connaît l’aventure ! Ciclic vous propose de découvrir ici le troisième épisode de la série...</p><p class="accroche" style="text-align: center;"><strong>Morceaux choisis 1</strong></p><div><div style="text-align: right;"><small><em>« <em>Il n'est aucun genre de familiarité qui tienne bien longtemps dès qu'il s'agit de l'exprimer sur un lieu de travail.</em>&nbsp; »</em></small></div><div style="text-align: right;"><small>Julie Douard,<em> in <em>Augustin Mal n’est pas un assassin</em><br /><br /><br /></em></small></div><p style="text-align: justify;">On l’oublie sans doute un peu. Et puis ce n’est pas cela qui compte pour l’auditoire. Mais la personne qui vous lit des extraits d’un livre pendant les Mille Lectures d’hiver vient d’abord travailler. En dépit des sourires et des promiscuités du regard ou bien du mot abandonné – qu’il soit lu ou chuchoté – comme s’il n’était prononcé qu’à l’attention de notre propre cœur, la lecture reste affaire de mission, de labeur, de plein emploi de celui qui lit. C’est technique et c’est précis, quand bien même la technicité et la précision ne se mesurent pas sur d’exacts potentiomètres d’un lecteur de métier à un autre. Et chaque lecture d’un même texte par un même professionnel diffère, dans son régime énergétique, sa gestion des souffles, sa conscience du sens, sa mémoire des répétitions, son écoute du public, sa supervision du corps et de la voix, son économie des émotions, et ainsi de suite, d’une date de la tournée à celle d’avant / d’après.&nbsp;</p><p style="text-align: justify;"><strong>«&nbsp;<em>Cet après-midi-là, le lecteur a abordé la lecture dans une construction quelque peu mentale, de tête et de gorge dirons-nous, ce qui bien sûr est toujours un angle plus métallique, plus dur, moins fluide</em>&nbsp;» </strong>analyse François de sa propre approche à l’instant T du livre qu’il lisait. Cette introspection, à califourchon entre poétique personnelle et autoévaluation cryptique, échappe à toute tentation de contrôle <em>corporate</em>, ni même corporel&nbsp;: le comédien est un monde à lui seul, le livre également, le public en fabrique un troisième en écho, alors que dire de cette collection d’images et de sensations physiques isolée comme un radeau sans mât, une presqu’île coupée de la grande terre par un tsunami&nbsp;?</p><p style="text-align: justify;"><strong>«&nbsp;<em>Quand la lecture est engagée, quand la lecture n'est pas dans l'ordre d'une narration ou l'on suit les aventures d'un personnage, alors on peut dire que ce sera difficile à l'accueil – peut-être, car il ne faut pas juger trop vite les gens.&nbsp;</em>» </strong>Cela aussi, c’est une question d’expertise&nbsp;: non pas savoir livrer une estimation de la situation, mais au contraire se souvenir de ce que tout calcul est vain face à l’auditoire, car nul ne sait de quoi est fait l’imaginaire de l’autre. Lire en aveugle, en se raccrochant à l’extrême, à l’ultime écoute, d’un public qui ne bronche pas, ou si peu. Ecouter ce silence sur lequel, dans lequel, épanouir les paragraphes d’une Julia Deck, d’un Laurent Binet, d’une Rhéa Galanaki, une Tanya Tagaq, qui d’autre encore&nbsp;?</p><p style="text-align: justify;">Pierre&nbsp;raconte<strong> : «&nbsp;<em>L'écoute était dense et j'ai aimé la première phrase, venue d'un monsieur, au moment de l'échange : "Mais, dans le fond, c'est de la poésie que vous nous avez lue ?". Et la conversation partit sur cette phrase. Certains avaient entendu, pendant ma lecture, de la poésie et d'autres : une histoire !</em> » </strong>Aussi, qu’importent la narration, l’incarnation, la teneur des dialogues et l’entrée des protagonistes ou leur absence remarquée, si chaque membre du public, bras, jambe ou tête, croit avoir perçu des œuvres réchappées de registres, de rayons et de catalogues diamétralement opposés dans les étages de chaque bibliothèque mentale&nbsp;? <strong>«&nbsp;<em>C’est là le thème central de ce roman : qu’est-ce que la réalité ?</em> » </strong>demande Sarah.<strong></strong></p><p style="text-align: justify;">Au fond, ce qui compte bien davantage, Bryan le dit, c’est la <strong>« <em>discussion d'après lecture. C'est là qu'on découvre un peu la personnalité des gens. J'aime toujours ces moments où on sent chacun un peu troublé, cherchant ses mots.</em>&nbsp;» </strong>Cherchez. C’est sans aucun doute durant ce temps fort que les auditeurs se mettent le plus à œuvrer à leur tour, rejoignant la condition du travailleur ou de la travailleuse d’en face&nbsp;: l’homme au livre ouvert, la diseuse d’aventures. Leur tâche, c’est aussi de nous mettre en condition, de nous mettre en besogne.</p><p style="text-align: justify;">C’est un travail de joie&nbsp;! Bryan le rappelle : <strong>«&nbsp;<em>Ce petit auditoire un peu lassé par le contexte</em> </strong>[des interdictions reconduites, des confinements successifs, des annulations intempestives]<strong><em>,</em> <em>un peu abattu, semblait tout de même revigoré après la lecture. </em>» </strong>D’autant que, comme l’ont évoqué ailleurs et plus tôt d’autres lecteurs publics, en cette année 2021 les gens, et Benoît l’affirme ici, ont <strong>«&nbsp;l’impression d’être des résistants&nbsp;! Oui, c’est drôle&nbsp;!&nbsp;»</strong> Oui&nbsp;!</p><p style="text-align: justify;">Oui. Tout a été bouleversé.</p><p style="text-align: justify;">Tout.</p><p style="text-align: justify;">Aussi demeure la question, qui ne s’applique pas qu’aux littératures lues le temps d’un hiver, qui ne se circonscrit pas à un moment d’échange avec un étranger, aussi chaleureux et passionnés ce moment et cet étranger fussent-ils&nbsp;:</p><p style="text-align: justify;"><strong><em>Qu’est-ce que la réalité ?</em></strong><span style="text-align: right; background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight);">&nbsp;</span></p><hr /><p style="text-align: right;"><span style="text-align: left;">Fin du troisième épisode.<br /></span></p></div><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/imageonline-co-add-text_13.jpg?itok=cjyw0mzO"/> Thu, 10 Mar 2022 11:51:01 +0100 https://ciclic.fr/actualites/morceaux-choisis-1-3-recits-de-la-15e-edition-des-mille-lectures-d-hiver actualites Programme d'accompagnement des professionnels du livre https://ciclic.fr//actualites/programme-d-accompagnement-des-professionnels-du-livre <div class="492"><p>En complément des dispositifs de soutien (aux résidences, "<span>auteurs associés",</span><span>&nbsp;librairies et points de vente du livre, maisons d'édition), Ciclic-Centre Val de Loire propose un programme d'accompagnement annuel à destination des professionnels régionaux.&nbsp;</span>Ciclic Centre-Val de Loire organise ainsi les événements suivants,&nbsp;les lieux et dates de ces évènements seront mis à jour régulièrement et feront tous l'objet d'une communication spécifique&nbsp;:</p><h3 class="accroche">PROGRAMME D'ACCOMPAGNEMENT 2022</h3><h4>► janvier &gt; mars&nbsp; :</h4></div><ul><li><span>10 et 31 janvier : <strong>Accompagnement des jeunes libraires</strong>&nbsp;<small>en distanciel&nbsp;</small><span>&nbsp;[<span><small><small><small>ATELIER EDITION]&nbsp;</small></small></small></span></span></span></li><li><span>18-19 janvier :&nbsp;</span><strong><a href="https://livre.ciclic.fr/actualites/formation-gerer-la-production-de-livres-numeriques" target="_blank">Gérer la production de livres numériques</a></strong><span>&nbsp;<small>à Château-Renault (37)&nbsp;</small></span><span>&nbsp;[<span><small><small><small>FORMATION EDITION]&nbsp;</small></small></small></span></span></li><li>18 mars : <strong><a href="https://ciclic.fr/livre-lecture/les-missions/dispositifs-d-aides/consultations-juridiques">Permanence des consultations juridiques</a></strong> à destination des maisons d'édition</li><li>21 mars : <strong><a href="https://ciclic.fr/actualites/rencontre-interprofessionnelle-des-acteurs-du-livre-2022-1" target="_blank">Rencontre interprofessionnelle des acteurs du livre #1</a></strong> <small>à Blois (41)&nbsp;&nbsp;<span>&nbsp;[<span><small><small>RENCONTRE PRO ]</small></small></span></span></small></li></ul><h4>► avril &gt; juin&nbsp; :</h4><ul><li><span>30 mai : <strong><a href="https://livre.ciclic.fr/actualites/formation-dynamiser-son-rayon-litterature-francaise-contemporaine" target="_blank">Dynamiser son rayon littérature française contemporaine</a></strong>&nbsp;<small>à Tours (37)&nbsp;&nbsp;</small></span><span>&nbsp;[<span><small><small><small>FORMATION LIBRAIRIE]&nbsp;</small></small></small></span></span></li><li><span>Juin (date à venir prochainement) : session de <strong>consultations juridiques</strong> à destination des professionnels du livre</span></li><li>11 juin :<strong> <a href="https://livre.ciclic.fr/actualites/rencontre-des-festivals-et-maisons-d-edition-bd-et-jeunesse-en-centre-val-de-loire">Rencontre des festivals et maisons d'édition BD et jeunesse régionaux</a></strong><small> à Blois [<small><small>RENCONTRE PRO]&nbsp;</small></small></small><span></span></li><li><span>27 juin : <strong>Rencontre interprofessionnelle des acteurs du livre #2</strong> <small>(précision du lieu à venir)&nbsp;&nbsp;</small></span><span>&nbsp;[<span><small><small><small>RENCONTRE PRO]&nbsp;</small></small></small></span></span></li></ul><h4>► juillet &gt; septembre&nbsp;&nbsp;</h4><ul><li><span>1er-2 juillet <strong>: <a href="https://livre.ciclic.fr/actualites/formation-destination-des-auteurs-et-autrices-lecture-voix-haute" target="_blank">Lecture à voix haute</a></strong></span><span><strong><a href="https://livre.ciclic.fr/actualites/formation-destination-des-auteurs-et-autrices-lecture-voix-haute" target="_blank"></a></strong>&nbsp;à Tours&nbsp;&nbsp;&nbsp;[</span><small><small><small>FORMATION AUTEUR ]</small></small></small></li><li><span>3-4 juillet : <strong><a href="https://www.syndicat-librairie.fr/nos-actions/les-rencontres-nationales-de-la-librairie-rnl" target="_blank">Rencontres nationales de la librairie</a></strong> <small>à Angers (49)&nbsp;[<small><small><small>RENCONTRE PRO]</small></small></small></small></span></li><li>11 juillet : <strong><a href="https://livre.ciclic.fr/actualites/formation-animer-une-rencontre-litteraire" target="_blank">Animer une rencontre littéraire</a></strong> (précision du lieu à venir)&nbsp;[<small><small><small>FORMATION LIBRAIRIE]</small></small></small>&nbsp;</li><li>Septembre (date précisée ultérieurement)&nbsp;: session de <strong>consultations juridiques</strong> à destination des professionnels du livre</li><li><span>22 septembre :&nbsp;<strong><a href="https://livre.ciclic.fr/actualites/formation-optimiser-la-strategie-medias-sociaux-de-sa-maison-d-edition" target="_blank">Optimiser la stratégie médias sociaux de sa maison d'édition</a></strong>&nbsp;<small>à Château-Renault (37)&nbsp;&nbsp;</small></span><span>&nbsp;[<small><small><small>FORMATION EDITION]&nbsp;</small></small></small></span><span>&nbsp;</span></li></ul><h4>► octobre &gt; décembre&nbsp; :</h4><ul><li><span>3 &amp; 10 octobre : <strong>Communication digitale</strong> <small>en distanciel&nbsp;&nbsp;</small></span><span>&nbsp;[<span><small><small><small>FORMATION LIBRAIRIE]&nbsp;</small></small></small></span></span><span>&nbsp;</span></li><li><span>17 octobre :&nbsp;<strong>Accompagnement des jeunes libraires&nbsp;</strong></span><small>en distanciel&nbsp;</small><span>&nbsp;</span><span>&nbsp;[<span><small><small><small>ATELIER LIBRAIRIE]&nbsp;</small></small></small></span></span></li><li><span>18 octobre : <strong><a href="https://livre.ciclic.fr/actualites/atelier-pratique-accompagnement-des-editeurs-emergents-0" target="_blank">Accompagnement des éditeurs émergents</a>&nbsp;</strong></span><span><small>à Château-Renault (37)&nbsp;</small></span><span>&nbsp;[<span><small><small><small>ATELIER EDITION]&nbsp;</small></small></small></span></span><span>&nbsp;&nbsp;</span></li><li>17 novembre :&nbsp;<strong><a href="https://livre.ciclic.fr/actualites/formation-maitriser-les-redditions-de-compte-et-le-droit-d-auteur" target="_blank">Maîtriser les redditions de compte et le droit d'auteur</a></strong>&nbsp;<small>à Château-Renault (37)&nbsp;</small>&nbsp;[<span><small><small><small>FORMATION EDITION]&nbsp;</small></small></small></span></li><li><span>18 novembre : <strong>Journée professionnelle du festival BD Boum</strong> <small>à Blois (41)</small></span></li><li><span>Novembre : <strong>Maîtriser son contrat d'édition pour mieux le négocier</strong><small>&nbsp;[date et lieu à confirmer]&nbsp;&nbsp;</small></span><span>&nbsp;[<span><small><small><small>FORMATION AUTEUR]&nbsp;</small></small></small></span></span></li><li><span>Novembre (date précisée ultérieurement) : session de <strong>consultations juridiques</strong> à destination des professionnels du livre</span></li><li><span>5 décembre : <strong>Rencontre interprofessionnelle des acteurs du livre #3</strong>&nbsp;<small>(précision du lieu à venir)&nbsp;</small></span><span>&nbsp;[<span><small><small><small>RENCONTRE PRO]&nbsp;</small></small></small></span></span></li></ul><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/prolivre.jpg?itok=LOf6p4B-"/> Tue, 08 Mar 2022 10:43:42 +0100 https://ciclic.fr/actualites/programme-d-accompagnement-des-professionnels-du-livre actualites Formation : Maîtriser les redditions de compte et le droit d'auteur https://ciclic.fr//actualites/formation-maitriser-les-redditions-de-compte-et-le-droit-d-auteur <p class="chapo">L'agence Ciclic Centre-Val de Loire propose aux éditeurs installés sur le territoire une formation qui vise à acquérir les notions essentielles juridiques en droit d'auteur et maîtriser les obligations légales des redditions de compte. Cette journée est animée par Phi-Anh Nguyen, agent spécialisé et consultant pour Axiales.&nbsp;</p><blockquote><p><strong>Le nombre de place étant limité (8 participants maximum), l'inscription est obligatoire avant le 17 octobre 2022.</strong></p></blockquote><h4>Contexte</h4><div>S’appuyant dans un premier temps sur une mise à niveau des connaissances essentielles en matière de droit d’auteur, dans le contexte de la réforme du Code de la propriété intellectuelle (CPI) de 2014, la formation aborde les obligations des redditions de compte (relevés de droits d’auteurs), avec une approche à la fois légale et pratique.</div><p><strong><span>Public visé</span></strong></p><div><div>Dirigeants de maison d’édition, éditeurs, responsables administratifs, comptables, installés sur le territoire.</div></div><h4><span>Prérequis</span></h4><div>Etre éditeur en activité.</div><h4>Objectifs pédagogiques</h4><div><ul><li>Acquérir les notions essentielles juridiques en droit d’auteur&nbsp;</li><li>Maîtriser les obligations légales des redditions de compte&nbsp;</li><li>Mettre en place des processus afin de faciliter les redditions de comptes annuelles</li></ul></div><h4>Intervenant</h4><p>Professionnel de l’édition depuis plus de vingt-cinq ans (Dorling Kindersley, Gallimard Jeunesse, Hachette Jeunesse, agent et consultant depuis 2008),&nbsp;<strong>Phi-Anh Nguyen</strong>&nbsp;est un spécialiste des droits d’auteurs et droits seconds : traduction, dérivés, audiovisuel. Il est agent, formateur professionnel et consultant associé chez Axiales. Il conçoit et développe également des logiciels dédiés au secteur de l’édition (droits d’auteurs, droits de traduction).</p><h4>Programme</h4><div>Maîtriser le contexte juridique et son évolution récente</div><div><ul><li>Identifier les textes réglementaires&nbsp;</li><li>Repérer les œuvres protégeables et soumises à reddition&nbsp;</li><li>Maîtriser les principes de rémunération proportionnelle et assiette de calcul de droits&nbsp;</li><li>Savoir différencier œuvres collectives et œuvres de collaboration, droits premiers et seconds, et les calculs afférents&nbsp;</li><li>Connaître les cas particuliers : numérique, droits forfaitaires, illustration, maquette, directeurs de collection&nbsp;</li><li>Gérer les recettes de la gestion collective&nbsp;</li><li>Acquérir une lecture commentée d’un contrat d’édition type&nbsp;</li></ul><span>Savoir établir des redditions de comptes valides&nbsp;</span><br /><ul><li><span>Identifier les obligations réglementaires et leurs évolutions récentes en termes de reddition de comptes&nbsp;</span></li><li><span>Maîtriser les éléments obligatoires de la reddition de comptes :&nbsp;</span></li><ul><li><span>périodicité, forme&nbsp;</span></li><li><span>droits premiers, droits seconds, gestion collective&nbsp;</span></li><li><span>à valoir, règlements, provisions, réintégrations&nbsp;</span></li><li><span>gestion collective&nbsp;</span></li><li><span>flux&nbsp;</span></li></ul><li><span>Générer les redditions de compte manuellement : processus, sources, exemples de redditions sous tableur&nbsp;</span></li><li><span>Identifier les outils (logiciels) disponibles : avantages et inconvénients</span></li></ul></div><div><h4>Méthode pédagogique</h4><p>La formation alterne apport de connaissances théoriques précises mêlées à l’exercice de pratiques concrètes, dont des mises en situation et études collectives de documents.</p><h4>Modalités d'évaluation</h4><p>Études de cas, exercices pratiques, atelier collectif final visant à valider les notions acquises. À l’issue de la formation, une évaluation sur son déroulement sera réalisée avec les participants sur chacun des points abordés.</p></div><div>&nbsp;</div><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/labyrinth-g0c446c26d_1920.jpg?itok=HLFpruyf"/> Mon, 07 Mar 2022 12:27:16 +0100 https://ciclic.fr/actualites/formation-maitriser-les-redditions-de-compte-et-le-droit-d-auteur actualites Atelier pratique : Accompagnement des éditeurs émergents https://ciclic.fr//actualites/atelier-pratique-accompagnement-des-editeurs-emergents-0 <div class="chapo" style="text-align: justify;">Ciclic, en partenariat avec Axiales organise une journée destinée aux "jeunes" maisons d'édition.</div><blockquote><div style="text-align: justify;">Temps commun d'accompagnement dans cette phase de démarrage de l'activité, cette journée a pour objectif d'aider les structures à détecter d'éventuels risques ou dysfonctionnements, de leur conseiller des actions correctives, ou des perspectives de développement. Une "remise" sur les rails, et des échanges qui peuvent bénéficier aux uns et aux autres.</div><div style="text-align: justify;">&nbsp;</div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: calc(1.26rem + 0.12vw); font-weight: bold; background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family);">Objectifs</span></div></blockquote><div><ul><li>Rappeler les bonnes pratiques et les outils à mettre en place</li><li>Lever les obstacles qui tiendraient à des problèmes techniques non résolus</li></ul><h4>Programme de la journée</h4><div>3 champs :</div><div><ul><li>la construction du catalogue ;</li><li>la commercialisation ;&nbsp;</li><li>la gestion.</li></ul></div><div>Le programme sera affiné à l'issue d'un mini-diagnostic fait avec chaque participant&nbsp; pour répondre au plus près aux problématiques concrètes des éditeurs. Il sera donc intégralement sur-mesure, sur les 3 champs de compétences définis.</div><h4>Méthodes pédagogiques</h4><div>Sur chacun des champs, une alternance :&nbsp;</div><div><ul><li>apport théorique/outil&nbsp;</li><li>échanges entre participants&nbsp;</li><li>résolution de cas concrets&nbsp;</li></ul></div><div>&nbsp;</div></div><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/kantver160200433.jpg?itok=NoQbd1yt"/> Fri, 04 Mar 2022 16:05:34 +0100 https://ciclic.fr/actualites/atelier-pratique-accompagnement-des-editeurs-emergents-0 actualites Rencontre interprofessionnelle des acteurs du livre 2022 #1 https://ciclic.fr//actualites/rencontre-interprofessionnelle-des-acteurs-du-livre-2022-1 <p class="chapo" style="text-align: justify;"><span style="background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--site-color); font-family: var(--bs-body-font-family); text-align: var(--bs-body-text-align);">Vous êtes libraire, auteur, autrice ? Vous travaillez dans une maison d'édition, une structure d'accueil d'auteur, une manifestation littéraire en Centre-Val de Loire ? Ciclic vous donne rendez-vous le lundi 21 mars 2022 à Blois. <span>Un temps pour&nbsp;</span></span><span style="background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--site-color); font-family: var(--bs-body-font-family); text-align: var(--bs-body-text-align);">présenter le&nbsp;</span><span style="background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--site-color); font-family: var(--bs-body-font-family); text-align: var(--bs-body-text-align);"><span style="color: var(--site-color); font-family: var(--bs-body-font-family); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);">programme d'accompagnement des professionnels du livre 2022, se rencontrer</span>&nbsp;et échanger</span><span style="color: var(--site-color); font-family: var(--bs-body-font-family); text-align: var(--bs-body-text-align);">.</span><span style="background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--site-color); font-family: var(--bs-body-font-family); text-align: var(--bs-body-text-align);"></span></p><p style="text-align: justify;">Cette session inaugure un cycle de trois rencontres interprofessionnelles qui auront lieu en 2022,&nbsp;trois temps d'échanges entre les professionnels de la filière du livre régionale, avec Ciclic-Centre Val de Loire.</p><p style="text-align: justify;">En 2022, le service Livre, chargé du soutien et de l’accompagnement des professionnels de la filière livre, intègre le pôle Création de Ciclic, qui regroupe désormais le livre et l’image (cinéma et audiovisuel). Cette rencontre du 21 mars est ainsi l’occasion de présenter l’objectif de cette nouvelle organisation et le programme des formations, journées professionnelles et actions d’accompagnement prévues en 2022 (également à retrouver en ligne prochainement).</p><p style="text-align: justify;"><strong>Programme :</strong></p><ul><ul><li>16h15-16h30&nbsp;: Accueil</li><li>16h30-18h00&nbsp;: Présentation du programme d’accompagnement 2022&nbsp;(formations, journées professionnelles et autres actions proposées aux professionnels du livre de la région) et échanges</li><li>18h00&nbsp;: Apéro professionnel</li></ul></ul><p>&nbsp;</p><p><em>Deux autres rencontres seront proposées en 2022&nbsp;(lieux à confirmer) :</em></p><ul><li><em>Le 27 juin, à mi-parcours de l’année, pour échanger sur les besoins,&nbsp;dresser l'évaluation des activités passées et présenter l'avancée des activités en cours et à venir,&nbsp;en vue de la construction du programme 2023.</em></li><li><em>Le 5 décembre, en fin d’année, pour compléter le bilan et la présentation du programme 2023.</em><em style="text-indent: -18pt; background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align);"><span style="font-size: 11.5pt; font-family: 'Segoe UI', sans-serif;"></span></em></li></ul><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/hongfei_les_deux_geants.jpg?itok=-Z6Piqo5"/> Fri, 11 Feb 2022 14:02:09 +0100 https://ciclic.fr/actualites/rencontre-interprofessionnelle-des-acteurs-du-livre-2022-1 actualites Aline César : Lecture-concert « Aphra Behn and Sisters » https://ciclic.fr//actualites/aline-cesar-lecture-concert-aphra-behn-and-sisters <p class="chapo" style="text-align: justify;">Aline César, autrice associée au Clos des Bernardines à Saint-Aignan, vous propose le samedi 12 mars, une lecture-concert d'extraits de son livre-album <em>Aphra Behn, punk and Poetess,</em> paru aux éditions Supernova.</p><p style="text-align: justify;">La lecture-concert d’extraits du livre-album,&nbsp;<a href="http://xww57.mjt.lu/lnk/BAAAAiggG5kAAAAAAAAAAG8kkf0AAABEs7gAAAAAAAxdkgBhWZWIDLH_BlZ3TA600l3MW1xEswAMYn4/9/pOXif4dZqFlkmp0GWon23w/aHR0cHM6Ly9zdXBlcm5vdmFlZGl0aW9ucy5iYW5kY2FtcC5jb20vYWxidW0vYXBocmEtYmVobi1wdW5rLXBvZXRlc3MtYWxpbmUtYy1zYXItZXQtZHJhbWFuZS1kZW1iZWxl" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Aphra Behn, Punk and Poetess</em>&nbsp;</a>&nbsp;par Aline César sera suivie d’un échange sur sa recherche et son projet d’écriture romanesque mené en résidence au Clos des Bernardines à Saint-Aignan avec le soutien de Ciclic Centre-Val de Loire. Autour d’Aphra Behn, elle évoquera ses consoeurs, autrices et artistes femmes du XVIIe siècle à nos jours, qui par-delà leurs différences auraient pu se reconnaître comme « Sisters ».&nbsp;</p><p style="text-align: justify;"><small><strong>Aline César</strong><br />Autrice, metteuse en scène, historienne de formation et chargée de cours à l'Institut d'Etudes Théâtrales de Paris III – Sorbonne Nouvelle, Aline César a continué en parallèle la recherche universitaire sous la direction de Josette Féral en s'intéressant en particulier au rapport entre réel et fiction.<br />En 2004, elle fonde la Compagnie Asphalte (<a href="http://www.compagnieasphalte.com/" target="_blank">www.compagnieasphalte.com</a>), une compagnie à l'identité urbaine, à l'image du territoire sur lequel la compagnie grandit en Ile de France : « – Asphalte ? Vous écrivez ça comment ? – Comme le bitume. »<br />Elle y développe un répertoire résolument contemporain avec des inédits et des adaptations. Le désir d'écriture est toujours le moteur premier de ses projets.<br />Son théâtre est aussi musical : elle mène une recherche esthétique sur de nouvelles manières d'intriquer le théâtre et la musique et ses spectacles creusent les liens entre le mot, le corps et la musique. Elle écrit et met en scène dix spectacles et déploie pendant plusieurs années un cycle sur les enjeux d'inégalités sociales et de genre avec le spectacle emblématique de la compagnie&nbsp;<em>Aide-toi le ciel&nbsp;</em>sur l'imaginaire de la ville et le destin sociale avec&nbsp;<em>Trouble dans la représentation – fictions 1 à 8,</em>&nbsp;montage fantaisiste sur le genre et les inégalités femmes-hommes.<br />À partir de 2013 elle commence le « Projet Aphra Behn » en allant à la rencontre de son œuvre et de sa vie par l'écriture. Elle développe un triptyque traversé par des interrogations communes : la place d'une artiste femme, libre et contestataire,la révolte et le basculement vers une société réactionnaire.&nbsp;<em>Aphra Behn,&nbsp;Punk and Poetess</em>&nbsp;est le premier volet, suivi d'<em>Oroonoko</em>, le prince esclave, inspiré du roman éponyme de Behn. Le dernier opus,&nbsp;<em>Le troisième soir,</em>&nbsp;est une fiction sur la réaction et la transgression qui nous plonge dans les dix dernières années de la vie de l'écrivaine.<br />Parallèlement elle développe un projet musical plus personnel, se produisant depuis 2015 dans un solo de ses textes dits et chantés,&nbsp;<em>Dérive</em>, créé à Avignon, et depuis 2017 dans le concert-spectacle&nbsp;<em>Suite Samouraï</em>.</small></p><p><br /><br /><br /></p><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/fotojet_21.jpg?itok=wKU3iCQX"/> Mon, 07 Feb 2022 11:24:22 +0100 https://ciclic.fr/actualites/aline-cesar-lecture-concert-aphra-behn-and-sisters actualites Aux oreilles la parole – #2 Récits de la 15e édition des mille lectures d'hiver https://ciclic.fr//actualites/aux-oreilles-la-parole-2-recits-de-la-15e-edition-des-mille-lectures-d-hiver <p class="chapo" style="text-align: justify;">Ciclic a demandé à Aurélien Lemant d'éditorialiser les «&nbsp;carnets de route&nbsp;» de la 15e&nbsp;saison, si particulière, de mille lectures d'hiver&nbsp;; il vous invite à en vivre la réalité intime. Aurélien Lemant est écrivain, metteur en scène et aussi comédien. À ce titre, il a lui-même été l’un des comédiens-lecteurs des mille lectures d’hiver. C’est dire s’il connaît l’aventure ! Ciclic vous propose de découvrir ici le deuxième épisode de la série...</p><p class="accroche" style="text-align: center;"><strong>Aux oreilles la parole</strong></p><div><div><div style="text-align: justify;"><em>« J’ai interrogé les livres et je leur ai demandé quel était le sens de la vie, mais ils n’ont pas répondu. J’ai frappé aux portes du silence, de la musique, et même de la mort, mais personne n’a ouvert. Alors j’ai cessé de demander. J’ai aimé les livres pour ce qu’ils étaient, des blocs de paix, des respirations si lentes qu’on les entend à peine. »</em></div><div style="text-align: right;">Christian Bobin, in <em>Un bruit de balançoire<br /><br /><br /><br /></em></div><div style="text-align: justify;">Les temps étaient à la confusion. Tout était possible, rien ne l’était. Des lieux venaient d’être fermés, d’autres s’ouvraient en urgence afin d’accueillir ce qui devait l’être, et c’est ainsi que l’on permit aux gens, quels qu’ils fussent et d’où qu’ils vinssent, d’entendre en dépit des événements une parole dont ils avaient été privés avec une brutalité homicide ressemblant à un hiver déposé par-dessus l’hiver.<br /><br /></div><div style="text-align: justify;">Ici, l’on reçoit donc un lecteur public de <em>Mauvaises herbes</em>, de Dima Abdallah, au cœur d’une salle de projection. Et Thierry, coutumier pour ses lectures depuis 2007 des bibliothèques de lycées, des salles à manger des appartements, des salons des familles ou des espaces associatifs, doit composer avec ce nouveau lieu et ses contraintes, baigné dans une relative obscurité, moins idéale que l’on eut pu le croire venant d’un comédien professionnel : « <em><strong>C'est la première fois de toutes "mes" Mille Lectures que je me retrouve dans une position physique "d'acteur" sur un plateau... c'est inhabituel, moins convivial. J'aime bien voir le visage des auditeurs... ».</strong></em> Par bonheur, cette fatalité due à un éclairage peu adapté – l’humain s’ajuste, la technique un peu moins, il en va toujours ainsi – se verra corrigée, presque oubliée, à la faveur des échanges qui suivront : c’est une tradition, la Mille Lecture d’Hiver ne se clôt jamais dans la fin d’une performance d’artiste, ce qu’elle n’est pas ; au contraire la voilà qui se prolonge avec la discussion et les débats suscités par le texte lu. Thierry rencontrera les gens dont la lumière trop tamisée lui empêchait de découvrir les visages, les regards, les postures et la mue des expressions en direct. Ce que bien souvent, justement, le comédien de théâtre ou de cinéma ne voit pas, ne doit pas voir. Les fascinations étonnées, les ennuis patients, les écoutes concentrées, les questions conservées pour plus tard ou peut-être jamais, les sourires incontrôlés qui endolorissent les muscles au bout d’une heure de lecture, les verres de lunettes qui s’embuent au-dessus du masque serré, les hochements, approbations et autres réflexes qui soulignent l’importance de sentir ce moment ensemble et à l’unisson.&nbsp;<br /><br /></div><div style="text-align: justify;">La conversation qui vient à la suite de la lecture est toujours une surprise et un moment très attendu par les lecteurs (parfois avec anxiété, d’autres fois avec un apprêt de passionné). Ces derniers n’y sont pas des vedettes que l’on interviewe, ils ne confisquent pas la parole comme des spécialistes autoproclamés qui auraient réponse à tout, c’est même souvent et d’abord eux qui demandent aux auditeurs ce que le livre leur a déclenché dans la tête et la poitrine. Cette déclinaison de retours sur la littérature qui leur fut lue, elle transite jusqu’à CiCLiC via le prisme des comédiens, dans leurs carnets de route. L’effet produit, l’émotion glanée ou manquée, l’imaginaire qu’on réactive, le geste décisif de futurs lecteurs… Que se passe-t-il chez ces écoutants, pendant, après, au-delà ?<br /><br /></div><div style="text-align: justify;">Il y a deux Marion parmi les Mille Lecteurs d’Hiver. L’une d’elles rapporte des fragments précis de déclarations, en lesquels beaucoup d’entre nous tous se retrouveront pour les avoir dits, ou entendus, ou pensés très fort avec les yeux : <em><strong>« "Moi je n’aurais jamais lu un livre comme ça par moi-même, heureusement que vous nous le lisez" »</strong></em>, et voilà bien sûr l’un des objectifs, l’une des destinations de ces lectures. Faire pénétrer des textes dans la vie d’autrui. Des langages, des images, des concepts, des sensations.&nbsp; <em><strong>« "C’est certain que je vais les acheter, je crois que les deux </strong></em>[livres que vous avez lus]<strong></strong><em><strong> je vais les acheter. Je n’ai jamais reçu de </strong></em>[lecture de]<strong></strong><em><strong> poésie, moi, avec les Mille, c’est la première fois. Je n’étais pas très emballée et finalement c’est très bien." »</strong></em> La poésie est un piège. S’il est bien posé par le poète, celui qui l’entend tombera dedans, c’est écrit : <em><strong>« "C'est étonnant comme on ne sait pas de quoi ça parle, et pourtant moi je me suis laissée prendre." »</strong></em> D’ailleurs, sur sa tournée de lecture de <em>Ma reine</em> de Jean- Baptiste Andréa, Thomas note que <em><strong>« la première personne qui a pris la parole disait en rigolant qu'elle était encore dans l'histoire »</strong></em>.&nbsp;<br /><br /></div><div style="text-align: justify;">Le premier à parler. C’est délicat à l’extrême d’être ce premier, il est rarement celui ou celle qui a raison – on dit plutôt que c’est le dernier qui remporte ce match qui ne devrait jamais en être un. Et pourtant, quel courage, à juste titre ! Quelle tâche échoit à cette première personne que de parler à la première personne, de sorte qu’elle dessine sa vision, fasse entendre son écoute en résonnance ou larsen, sa compréhension en harmonie ou sous des chaos, ses rejets comme ses adorations, parmi les membres de cette communauté d’un jour réunie par la succession des hasards. Ces gens qui ne se sont pas assis là pour t’entendre toi, qui ont fait le déplacement pour un lecteur de métier, quelle légitimité dois-tu brandir devant eux afin de braver leur indifférence ou leurs agacements ? Oh, comme il est normal d’avoir cette crainte ! Pourtant voici le secret : ta légitimité te vient d’être là. Tu es entrée dans ce cercle des écoutants, tu es ce qui rend possible l’assemblée. Sans toi, chacun serait plus seul. Un jour ou l’autre, ce soir ou demain, nous sommes toutes et tous la première personne à ouvrir la bouche ou lever la main. Guy-Frédéric en a l’habitude et sait que, parfois, il faut doucement indiquer l’exemple aux auditeurs de façon à ce que leurs oreilles se transforment en ces bouches espérées ; que le son sourde des gens d’en face, à présent que le lecteur a parlé. Guy-Frédéric se souvient : <em><strong>« La conversation démarre tranquillement, sans excès de vitesse, comme si chacun avait un peu de mal à statuer sur son opinion. Je me lance dans mes propres commentaires, aidé tout à coup par l'intervention d'une dame qui n'a pas du tout aimé le texte et qui m'interroge sur les raisons pour lesquelles je l'ai choisi. Je les expose, et c'est suite à cela que la conversation démarre. Des opinions variées se font jour. Ici, le texte a semblé difficile. Là, la difficulté a été surmontée dès qu'on a accepté de l'entendre autrement que par la compréhension mentale. Ailleurs, il a été entendu et apprécié. Globalement, même avec quelques réticences, on a été touché par le rythme et par les nombreuses sonorités... Les mots ont su faire leur chemin. »</strong></em></div><div style="text-align: justify;"><em><strong><br /></strong></em></div><div style="text-align: justify;">D’autant que <strong><em>« pour certains auditeurs c’est une première »</em></strong>, comme le rappelle Richard après avoir lu <em>Tout ce que je sais du temps</em>, recueil de nouvelles de Goran Petrovic. Il présente l’ouvrage comme <em><strong>« des fables oniriques teintées d’humour noir et de tendresse. Le public est enchanté. Les questions fusent notamment sur le contexte politique qui a présidé à la rédaction de ce recueil, la question du prochain attire l’attention d’une convive qui est enthousiasmée par cet après-midi à la campagne loin des tracas quotidiens. Pendant ma lecture, trois poussins vont naître... »</strong></em> Et l’on se prend à croire que la lecture a suscité cette éclosion, comme les réactions des auditeurs germent elles aussi, provoquées par les mots magiques sortis d’un livre.<br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><em><strong>« Parfois, le mugissement d'une vache venait donner un écho à un mot, une phrase ou un chapitre »</strong></em>, lance Pierre en se souvenant de cette ferme où il lisait <em>Un bruit de balançoire</em>, de Christian Bobin. Le public, qui ne peut pas vraiment se permettre les interjections de la génisse, ni les pépiements de l’oiselet, se jette dans les autres aventures de la parole : <em><strong>« Un spécialiste du poète Bernard Dimey entreprit un parallèle entre l'œuvre de Bobin et celle de Dimey. Une personne trouvait qu'il y avait tant de pépites dans ce livre qu'il aurait fallu une pause d'échanges et de discussions tous les quatre chapitres ! »</strong></em> J’entends la vache, je perçois les craquements de l’œuf, les langues se délient. <em><strong>« J'ai été impressionné par l'attention des participants »</strong></em>, poursuit Pierre, <em><strong>« et par le calme qu'apportait la lecture sur certains des gens présents. (…)</strong> <strong>Une personne qui avait du mal à s'exprimer reprend une phrase du livre, retenue par cœur : "La vie écrit au crayon, la mort passe la gomme, le poème se souvient". Et d'ajouter : "Je la noterai et la mettrai sur un mur de ma chambre". »&nbsp;</strong></em> Benoît a vécu un émoi similaire : <em><strong>« Une personne avait même retenu par cœur certaines phrases qui l'avaient marquée ou touchée : c'était beau ça ! »</strong></em>. Autre part dans sa tournée, Pierre note que <em><strong>« chaque lettre de Christian Bobin prenait son envol dans cette salle teintée d'un silence tout en relief. Il s'ensuivit un bel échange, et la phrase d'une auditrice, marquant la fin de cette rencontre : "Je sais à qui je vais offrir ce livre", me sembla être un cadeau. Ma lecture allait engendrer une autre lecture..."Et le petit infini se tricote ainsi, tu le sais : le partage du pain de l'invisible", comme l'écrit Bobin. »</strong></em> Oui, c’est beau, ce suivi. Ce legs magnifique l’est encore plus puisqu’il est incertain, toujours sur la sellette et pas forcément affirmé face au lecteur le jour J : une bibliothécaire raconte à Antoine <em><strong>« quelques temps après la lecture qu'elle n'a jamais eu une liste d'attente aussi longue pour emprunter un livre. Chouette ! »</strong></em> En miroir, Ismael invoque une autre situation, celle où précisément <em><strong>« deux personnes avaient lu le texte en amont</strong></em> [La Petite dernière de Fatima Daas]. <em><strong>Quand cela se produit, il y a souvent des retours sur le souvenir qu'elles ont de leur lecture personnelle, et la redécouverte du même texte lu par le lecteur. C'est toujours une chose un peu mystérieuse pour moi car j'essaie d'imaginer comment résonne leur propre lecture comparée à la mienne, mais c'est toujours difficile à comprendre. »</strong></em> Quant à Yann, il s’est confronté aux deux cas de figure : <em><strong>« Les gens ont été sensibles au fait que, s'ils avaient lu le livre par eux-mêmes, ils ou elles ne seraient probablement pas allés bien loin dans leur lecture, à tort selon eux. La bibliothèque s'était assurée de pouvoir le proposer dans la foulée en prêt. »</strong></em> mais aussi <em><strong>« Tout le monde s'était renseigné sur l'autrice, et presque tout le monde avait lu le livre, ou tout du moins l'avait commencé. La relation créée par la lecture n'en a pas pâti, bien au contraire.</strong></em> » Yann avait choisi de lire <em>Le Ventre de l’Atlantique</em> de Fatou Diome.<br /><br /></div><div style="text-align: justify;">Les auditeurs se font désormais entendre, ils se confient. Stéphane prête son oreille à <em><strong>« Des gens très différents et contents d'être là, dont un jeune un peu paumé, venu accompagné de son litron de bière, resté jusqu’au bout et désireux de lire d'autres textes de Catherine Ternaux. »</strong></em> dont il offrait des extraits de <em>Zoppot</em> ; Danièle devient momentanément, par la grâce des mots d’un autre, les yeux d’<em><strong>« une auditrice de 90 ans qui, presque aveugle, ne peut plus lire et était très très heureuse d'entendre. »</strong></em> Entendre lire est un salut pour qui ne peut déchiffrer, quelles qu’en soient les causes. D’autres auditeurs pourraient regarder la lectrice ou le mur, leurs pieds ou le plafond, dans le vague ou avec insistance, mais décident de clore les paupières pour laisser le verbe se changer en monde. Ils pourront mieux en parler après l’avoir traversé durant ce rêve éveillé. <em><strong>« Certains écoutent les yeux fermés et témoignent : "on entend autrement, ça envahit plus le cerveau, on imagine bien" »</strong></em>, relate Isabelle, <em><strong>« "on entend plus la musique, l’autrice choisit bien ses mots, c’est une écriture très sensible, une écriture fine, délicate, détaillée" »</strong></em>. Le public tisse même des liens entre ce livre de Caroline Lamarche, Nous sommes à la lisière, et Colette ou Bobin,<strong><em> « "son rapport à la nature, aux arbres". »<br /><br /></em></strong></div><div style="text-align: justify;">Face à un groupe de lycéens, Sarah écoute <em><strong>« trois jeunes filles assises devant et qui ont l’air d’être férues de bouquins, qui font une analyse très intéressante de certains passages, il est certain qu’elles ont tout entendu. Pour les autres, j’essaie de les emmener sur le terrain de la lecture à haute voix, c’est ce dont m’a parlé leur prof, ils vont bientôt affronter l’oral du bac de français, alors on discute de ça. Et comme ils font de petits enregistrements audio d’extraits qu’ils analysent, on aborde la question du découpage, des choix, de comment lire. J’essaie de leur donner ce que je crois avoir compris sur cet exercice et, d’une manière plus générale, sur le fait de se montrer, d’être là, devant l’autre. »</strong></em> C’est déjà ce qu’osent ces jeunes filles, toutes élèves qu’elles sont : donner forme et contenu à leurs emballements, à leurs goûts, courir le risque d’être incomprises, parier sur soi plutôt que pas du tout, générer discorde et acquiescement, livrer une lecture de la lecture, entreprendre d’écrire leurs propres livres derrière les commentaires, les analogies, les décortications, à force de ressentis, de visions, de délires, de spéculations fragiles comme de vérités éclatantes. C’est le plus bel hommage possible à l’œuvre lue, comme à sa lectrice, comme au dispositif poétique et politique intitulé Mille Lectures d’Hiver qui rend tout cela possible, tout. Une écoute, et l’élévation de vos voix. Alors, l’une des deux Marion de conclure : <em><strong>« Il y a quelque chose d'un sabbat littéraire... »</strong></em>. Entendez-vous ces points de suspension ? Ce sont vos bouches sur le point de s’ouvrir.</div><p style="text-align: right;">&nbsp;</p><hr /><p style="text-align: right;">&nbsp;<span style="text-align: left;">Fin du deuxième épisode.</span></p></div></div><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/2_18.jpg?itok=9nfuhguT"/> Thu, 16 Dec 2021 16:53:59 +0100 https://ciclic.fr/actualites/aux-oreilles-la-parole-2-recits-de-la-15e-edition-des-mille-lectures-d-hiver actualites Lecture-rencontre avec Hubert Haddad, écrivain https://ciclic.fr//actualites/lecture-rencontre-avec-hubert-haddad-ecrivain <p class="chapo" style="text-align: justify;">À l'automne 2021, Ciclic Centre-Val de Loire organisait deux rencontres publiques avec Hubert Haddad, écrivain associé à la 14e édition de <em>mille lectures d’hiver</em>. Ces rendez-vous furent l’occasion de découvrir l'univers littéraire de l'auteur, ses livres et ses lectures.</p><p style="text-align: justify;">Ciclic Centre-Val de Loire propose de (re)découvrir plusieurs moments de la soirée qui s’est déroulée le 16 décembre 2021 au théâtre de l'Aparté à Vendôme (41).<br />Hubert Haddad évoque son parcours d'écrivain, ses rencontres, son œuvre.&nbsp;Les comédiens-lecteurs Antoine Marneur et Laure Pasques lisent&nbsp;tour à tour le poème<em> Minuit moins quart&nbsp;</em>et des extraits de <em>La sirène d'Isé </em>et&nbsp;des<em> Coïncidences exagérées.&nbsp;</em><em></em></p><h3 style="text-align: justify;"><strong>L'univers littéraire d'Hubert Haddad</strong></h3><p style="text-align: justify;">"Tout dans ma vie est lié l'écriture, à la lecture, au partage <span>[...]&nbsp;</span>t<span>out a commencé par l'écriture de poèmes [...] la poésie c'est l'origine, l</span><span>es poètes témoignent de l'humanité". Pour Hubert Haddad le premier choc naît de la lecture de Baudelaire, <em>Les fleurs du mal. </em>Viendront aussi&nbsp;&nbsp;<em>Le mont analogue </em>de René Daumal "un chef d'oeuvre", Paul Valéry, Robert Musil, William Faulkner, Mikhaïl Boulgakov&nbsp;<em>Le Maître et Marguerite</em>, Fiodor Dostoïevski&nbsp;<em>Les frères Karamazov</em>,&nbsp;<em>Le Golem</em> de Gustav Meyrink, Gabriel Garcia Marquez, Thomas Mann, Marcel Proust, Julien Gracq et tant d'autres. Et puis il y a <span>"les coïncidences de la vie qui vous demandent d'être romancier" </span><span>et, dans le roman,</span><span>&nbsp;cette "chose essentielle qu'est le pacte de crédulité du lecteur qui accepte le fantastique et l'imaginaire".&nbsp;</span></span></p><h4 style="text-align: justify;"><strong>BIOGRAPHIE</strong></h4><div style="text-align: justify;">Hubert Haddad est l’auteur d’une œuvre immense, portée par une attention de tous les instants aux ressources infinies de l’imaginaire. L<span>es romans et les nouvelles alternent sans discontinuer avec les essais sur l’art ou la littérature, les pièces de théâtre et les recueils de poèmes.</span><span>&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;">Hubert Haddad dévoile son engagement d’intellectuel, d’artiste et d’homme libre avec des titres comme <em>Palestine</em> (prix des cinq continents de la Francophonie, <span>prix Renaudot poche</span>), <em>La condition magique </em>(grand prix du roman de la SGDL),&nbsp;<span><em>Opium Poppy&nbsp;</em>(prix du Cercle Interallié),&nbsp;</span><em>Le peintre d’éventail</em> (prix Louis Guilloux) ou <em>Un monstre et un chaos</em>, paru en 2019.&nbsp;</div><div style="text-align: justify;">Sa longue expérience des ateliers d’écriture l’ont conduit à publier&nbsp;<em>Le nouveau magasin d’écriture,</em> sorte d’encyclopédie offrant d’innombrables jeux littéraires inédits et <em>Le</em><em> nouveau nouveau magasin d’écriture</em>, consacré aux fastes de l’imaginaire à travers deux cents gravures choisies pour leur pouvoir d’évocation.</div><div style="text-align: justify;">En 2016, Hubert Haddad a initié la revue littéraire annuelle <em>Apulée</em> consacrée aux littératures du monde et à l’intrication vitale des cultures ; <em>Changer la vie</em> est le thème du passionnant et sixième numéro d'<em>Apulée</em> paru en 2021.</div><div style="text-align: justify;">Livres et revue sont publiés chez Zulma.</div><h4 style="text-align: justify;"><strong>BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE</strong></h4><p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><em>La sirène d’Isé</em>, Zulma 2021<br /><span style="background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align);"><em>Un monstre et un chaos</em>, Zulma 2019 <br /><em>Casting sauvage</em>, Zulma 2018 <br /><em>Premières neiges sur Pondichéry</em>, Zulma 2017<br /><em>Les coïncidences exagérées</em>, Mercure de France 2016 <br /><em>Corps désirable</em>, Zulma 2015 / Folio 2018 <br /><em>Théorie de la vilaine petite fille</em>, Zulma 2013 / Folio 2014 <br /><em>Le peintre d’éventail</em>, Zulma 2013 / Folio 2014<br /></span><em style="color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);">Nouvelles du jour et de la nuit</em><span style="color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);">, Zulma 2011<br /></span><em style="color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align);">Opium Poppy</em><span style="background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align);">, Zulma 2011<br /></span><span style="background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align);"><em>Le nouveau nouveau magasin d'écriture</em>, Zulma 2007<br /></span><em style="color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align);">Palestine</em><span style="background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align);">, Zulma 2007<br /></span><span style="background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align);"><em>Le nouveau magasin d'écriture</em>, Zulma 2006<br /></span><em style="color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align);">L’univers</em><span style="background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align);">, Zulma 1999</span></p><p style="text-align: justify;"><br /><br /></p><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/haddad-hubert_cnemo_perier_stefanovitch.jpg?itok=hGxMNJE4"/> Thu, 09 Dec 2021 16:36:17 +0100 https://ciclic.fr/actualites/lecture-rencontre-avec-hubert-haddad-ecrivain actualites Lecture-rencontre avec Christophe Manon, écrivain https://ciclic.fr//actualites/lecture-rencontre-avec-christophe-manon-ecrivain <p class="chapo" style="text-align: justify;">À l'automne 2021, Ciclic Centre-Val de Loire organisait deux rencontres publiques avec Christophe Manon, écrivain associé à la 15<sup>e</sup> édition de <em>mille lectures d’hiver</em>. Ces rendez-vous furent l’occasion de découvrir l'univers littéraire du poète, ses livres et ses lectures.</p><p style="text-align: justify;">Ciclic Centre-Val de Loire propose de (re)découvrir quelques moments de la soirée qui s’est déroulée le 18 novembre 2021 à la bibliothèque de La Loupe (28).<br />Christophe Manon évoque les auteurs qu’il aime et admire, parle des livres qu'il écrit. Il est accompagné des comédiens&nbsp;Benoît Marchand et Elise Truchard pour la lecture à voix haute de plusieurs textes.&nbsp;</p><h3 style="text-align: justify;"><strong>Les auteurs du «&nbsp;panthéon littéraire&nbsp;» de Christophe Manon</strong></h3><p style="text-align: justify;">Comment parler de ses auteurs de prédiclection quand "il y a tellement de bons et beaux livres". Pour Christophe Manon "ça ne relève pas de la compétition, l'écriture, la littérature, c'est une circulation, un échange ; on lit un livre, peut-être ça ne nous plaît pas tellement et dix ans après il en ressort quelque chose, d'une manière ou d'une autre ; parfois, a posteriori un texte ressemble à un autre, écrit par quelqu'un d'autre, avant. C'est aussi question de temps et d'espace, des livres très anciens continuent à nous parler".</p><p style="text-align: justify;">Pour cette rencontre consacrée à son univers littéraire, Christophe Manon a choisi des textes pouvant entrer en écho avec certains de ses propres livres : un extrait de&nbsp;<span><em>Voyage au bout de la nuit</em> de Céline avec&nbsp;<span><em>Un amour</em>, deux lettres tirées d'<em>Œuvres en prose et en vers</em> de Daniil Harms avec&nbsp;</span><em>Vies et opinions de Gottfried Gröll</em>, ou encore <em>Testament</em> de François Villon avec "son" <em>Testament</em>.</span></p><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/christophe_manon.png?itok=jxkyplLY"/> Thu, 09 Dec 2021 16:28:06 +0100 https://ciclic.fr/actualites/lecture-rencontre-avec-christophe-manon-ecrivain actualites Lecture-rencontre avec Anne Serre, écrivain https://ciclic.fr//actualites/lecture-rencontre-avec-anne-serre-ecrivain <p class="chapo">À l'automne 2021, Ciclic Centre-Val de Loire organisait deux rencontres publiques avec Anne Serre, écrivain associé à la 15<sup>e</sup> édition de <em>mille lectures d’hiver</em>. Ces rendez-vous furent l’occasion de découvrir l'univers littéraire de l'auteur, ses écrits et ses lectures.</p><p>Ciclic Centre-Val de Loire propose de (re)découvrir quelques moments de la soirée qui s’est déroulée le 21 novembre 2021 à la Mairie de Combleux (45). Anne Serre évoque les auteurs qu’elle aime et admire, parle des livres qu'elle écrit. Les comédiens-lecteurs Thierry Debuyser et Pierre Fesquet l'accompagnent pour la lecture à voix haute d'extraits de plusieurs textes.</p><h3><strong>Les auteurs du «&nbsp;panthéon littéraire&nbsp;» d'Anne Serre</strong></h3><p>Etablir l'inventaire des livres qui ont compté est un exercice difficile pour les écrivains invités. Pour&nbsp;<span style="background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align);">Anne Serre, "certains livres effacent les précédents, d'autres, dont on ne mesure pas l'importance, se sont glissés en vous et ont joué un rôle essentiel" ; de l'adolescence à l'âge adulte les envies de lecture changent, les intérêts se modifient, la curiosité fait le reste. </span></p><p><span style="background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align);">Lors de cette rencontre, Anne Serre remonte à l'origine de ses premiers "chocs littéraires", <em>Les nourritures terrestres</em> et <em>Paludes</em> d'André Gide, puis elle évoque les auteurs qui l'ont accompagnée au fil de son évolution et nourrissent son questionnement d'écrivain.</span></p><p><span style="background-color: var(--bs-body-bg); color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); font-weight: var(--bs-body-font-weight); text-align: var(--bs-body-text-align);">Dans le jardin secret littéraire d'Anne Serre, la liste des auteurs importants est longue, parmi ceux qui furent mentionnés lors de cette rencontre citons Franz&nbsp;<span>Kafka, Virginia Woolf, Katherine Mansfield,</span><span></span><span>&nbsp;Henry James, J.D. Salinger également Jean-Jacques&nbsp;</span>Rousseau, Samuel Beckett, Herman Melville, Nathalie Sarraute et aussi Rainer Maria Rilke, Thomas Bernhard, Elfriede Jelinek, Fritz Zorn, Robert Walser, Enrique Vila-Matas.&nbsp;</span></p><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/photo_anne_serre_cfrancesca_mantovani_gallimard_1.jpg?itok=9SND_sT7"/> Thu, 09 Dec 2021 16:08:32 +0100 https://ciclic.fr/actualites/lecture-rencontre-avec-anne-serre-ecrivain actualites Mille lectures d'hiver à l'automne https://ciclic.fr//livre-lecture/les-missions/mille-lectures-d-hiver-l-automne/mille-lectures-d-hiver-l-automne <p class="chapo" style="text-align: justify;">Plusieurs fois reportées comme le veut l’époque, les rencontres avec les écrivains associés aux 14<sup>e</sup>&nbsp;et 15<sup>e</sup>&nbsp;éditions des&nbsp;mille lectures d’hiver&nbsp;sont enfin programmées, cette fois à l’automne.</p><p style="text-align: justify;"><em>Ciclic vous offre l’occasion</em> de rencontrer trois auteurs importants Hubert Haddad, Anne Serre et Christophe Manon entre le 18 novembre et le 16 décembre 2021.</p><p style="text-align: justify;">Au cours de ces rencontres, les écrivains vous emmèneront en voyage dans leur univers littéraire. Ils parleront de leurs livres bien sûr mais aussi des auteurs — anciens et contemporains — qu’ils aiment et admirent et qui les accompagnent sur leur propre chemin d’écriture.</p><p style="text-align: justify;">Deux comédiens&nbsp;seront chaque fois présents à leurs côtés pour la lecture à voix haute d’extraits de livres de leurs auteurs de prédilection et de leurs propres textes.</p><p style="text-align: justify;">À l’issue de ces mises en voix, les écrivains dialogueront avec le public, autour d’un verre si les conditions sanitaires le permettent.<strong>&nbsp;<br /><br /></strong></p><p><strong>► RENCONTRE AVEC CHRISTOPHE MANON<br /></strong>Avec Benoît Marchand et Élise Truchard, lecteurs<br /><strong>Jeudi 18 novembre à 18h [<strong>LA LOUPE – 28]</strong></strong><br /><em>Salle des fêtes, square de Pfalzgrafenweiler</em>&nbsp;<br /><br /></p><p><strong>► RENCONTRE AVEC ANNE SERRE<br /></strong>Avec Thierry Debuyser et Pierre Fesquet, lecteurs<br /><strong>Dimanche 21 novembre à 15h [<strong>COMBLEUX – 45]</strong></strong><br /><em>Mairie, 59 rue du Cas rouge<br /><br /></em></p><p><strong>► RENCONTRE AVEC HUBERT HADDAD<br /></strong>Avec Baptiste Kubich et Anne-Élisabeth Prin, lecteurs<br /><strong><strong>Vendredi 26 novembre à 19h30</strong>&nbsp;[<strong>VESDUN – 18]</strong></strong><br /><em>Mairie, 4 place du Champ de foire</em>&nbsp;<br />&nbsp;</p><p><strong>► RENCONTRE AVEC ANNE SERRE</strong><br />Avec Ulysse Barbry et Guy Frédéric Schwitthal, lecteurs<strong><br />Dimanche 28 novembre à 15h&nbsp;<strong>[LA CROIX EN TOURAINE – 37]<br /></strong></strong><em>Association Bibliochouette, Parc Edouard André, 30 rue Nationale<br /></em>&nbsp;</p><p><strong>► RENCONTRE AVEC CHRISTOPHE MANON - <span style="color: #f00020;">ATTENTION, RENCONTRE ANNULÉE<br /></span></strong>Avec Bénédicte Bianchin et François Forêt, lecteurs<strong><br /></strong><strong><span style="text-decoration: line-through;">Samedi 4 décembre à 17h</span> [<strong>LUÇAY LE MÂLE – 36]<br /></strong></strong><em>La Grange aux Blas Blas, Lieu-dit Blas<br /></em>&nbsp;</p><p><strong>► RENCONTRE AVEC HUBERT HADDAD<br /></strong>Avec Antoine Marneur et Laure Pasques, lecteurs<br /><strong>Jeudi 16 décembre à 19h30&nbsp;[<strong>VENDÔME – 41]<br /></strong></strong><em>Théâtre de l'Aparté, 31 mail Leclerc</em></p><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/rencontres2021-visuel.jpg?itok=4vMSZyji"/> Fri, 05 Nov 2021 11:16:29 +0100 https://ciclic.fr/livre-lecture/les-missions/mille-lectures-d-hiver-l-automne/mille-lectures-d-hiver-l-automne actualites Restitution des rencontres autour de la traduction. Passeur·ses de mondes https://ciclic.fr//actualites/restitution-des-rencontres-autour-de-la-traduction-passeurses-de-mondes <p class="chapo">Jeudi 14 octobre 2021, Ciclic&nbsp;Centre-Val de Loire conviait les passionnés de littératures étrangères –&nbsp;traducteurs, professionnels du livre, de la médiation, enseignants et lecteurs – à une journée d’échanges professionnels autour des enjeux contemporains de la traduction à la médiathèque d'Orléans. Pour celles et ceux qui n'ont pu être présents ou qui souhaitent s’y replonger, l'agence propose ici&nbsp;les captations vidéos des deux tables rondes de l'après-midi.</p><div class="node-texte-container js-hide-if-empty"><div class="node-texte mceContentBody clearfix"><div>Une journée organisée en partenariat avec le <a href="https://dunpayslautre.org/" target="_blank">festival D'Un pays l'autre</a> et <a href="https://www.aprotrad.org/" target="_blank">Aprotrad</a>, association professionnelle des métiers de la traduction et soutenue par la&nbsp;<a href="http://www.la-sofia.org/">SOFIA</a>.</div></div><div><strong style="font-size: 1em;">LES CAPTATIONS :</strong></div>►&nbsp;<strong><small><small>&nbsp;</small></small>Une œuvre, une traduction : parole aux traducteurs et traductrices littéraires de Centre-Val de Loire<br /></strong>Retrouvez la captation dans son intégralité (vidéo en haut à droite), et/ou, au-dessous, la vidéo de chacune des 5 présentations :&nbsp;<em><em><br /></em></em><ul><ul><li><a href="https://livre.ciclic.fr/contact/balzamo-elena">Elena Balzamo</a>&nbsp;<em>Le merveilleux voyage de Nils Holgersson avec les oies sauvages</em>&nbsp;de Selma Lagerlöf, traduit du suédois, à paraître chez Gallmeister en 2022 (nouvelle traduction intégrale en cours)</li><li><a href="https://livre.ciclic.fr/contact/hinckel-laure">Laure Hinckel</a>&nbsp;<em>Melancolia</em>, de Mircea Cartarescu traduit du roumain (Noir sur blanc, 2021)</li><li><a href="https://livre.ciclic.fr/contact/mannoni-olivier">Olivier Mannoni</a>&nbsp;<em>Le grand rire des hommes assis au bord du monde&nbsp;</em>de Philipp Weiss, traduit de l'allemand (Autriche) (Le Seuil, août 2021)</li><li><a href="https://livre.ciclic.fr/contact/robilliard-marie-amelie">Marie-Amélie Robillard</a>&nbsp;<em>Les vivants, le mort et le poisson frit&nbsp;</em>d'Ondjaki, traduit du portugais (Angola),&nbsp;(édition originale : Caminho, Portugal, 2014, inédit en France à l'heure actuelle)</li><li><a href="https://livre.ciclic.fr/contact/yeh-chun-liang">Chun-Liang Yeh</a>&nbsp;<em>La ballade de Mulan</em>, traduit du chinois classique (HongFei, 2015)</li></ul></ul><br />►<strong> Les traducteurs·trices à la rencontre des lecteurs·trices</strong><br /><div><ul><li>Avec&nbsp;Anna Rizzello&nbsp;(éditions La Contre Allée, festival D’Un pays l’autre),&nbsp;Margot Nguyen Béraud, présidente de l’Association pour la promotion de la traduction littéraire (ATLAS) et traductrice intervenant dans le cadre du dispositif « Lycéens, apprentis, livres et auteurs d’aujourd’hui » (Lalaa) de Ciclic,&nbsp;Claire Darfeuille&nbsp;(festival VO-VF),&nbsp;Charles Devillard et Valérie Bruant, enseignants au lycée Grandmont de Tours.&nbsp;<br /><br />Modération :&nbsp;Nathalie Carré, traductrice et maîtresse de conférences en langue et littérature swahili à l'Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales)</li></ul></div></div><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/journtrad2021-visuelfinal-essai.jpg?itok=QAj3f8SO"/> Mon, 25 Oct 2021 17:34:46 +0200 https://ciclic.fr/actualites/restitution-des-rencontres-autour-de-la-traduction-passeurses-de-mondes actualites Lire par temps de peste – #1 Récits de la 15e édition des mille lectures d'hiver https://ciclic.fr//actualites/lire-par-temps-de-peste-1-recits-de-la-15e-edition-des-mille-lectures-d-hiver <p class="chapo">Ciclic a demandé à Aurélien Lemant d'éditorialiser les «&nbsp;carnets de route&nbsp;» de la 15e&nbsp;saison, si particulière, de mille lectures d'hiver&nbsp;; il vous invite à en vivre la réalité intime. Aurélien Lemant est écrivain, metteur en scène et aussi comédien. À ce titre, il a lui-même été l’un des comédiens-lecteurs des mille lectures d’hiver. C’est dire s’il connaît l’aventure ! Ciclic vous propose de découvrir ce premier épisode de la série...</p><p class="accroche" style="text-align: center;"><strong>Lire par temps de peste</strong></p><blockquote><p>«&nbsp;<em>Je mesurais mon darin d’un œil malais, nous six sur le quai à oudir, badir, renurer et vigender. J’aurais voulu qu’un évadon survienne mettant fin à cette broquetelle.</em>&nbsp;» <br />Anne Serre, in <em>Grande tiqueté</em></p></blockquote><p style="text-align: justify;" align="right">Même Mick Jagger et Dave Grohl l’ont chanté cette année. Comment éviter d’en parler sans paraître à côté de la vie&nbsp;? Hélas, comment l’évoquer sans avoir l’air de remuer les mêmes cuillers dans les mêmes bouillons&nbsp;? C’est l’écueil de toute prise de parole des années 20 de ce siècle&nbsp;: le langage, virus lui-même si l’on en croit William S. Burroughs, le langage est virussé.&nbsp; &nbsp;</p><p style="text-align: justify;">Les Mille Lectures d’Hiver ont beau ne pas être un spectacle, et les comédiens qu’elles embauchent pour lire en public ont beau n’y jouer ni théâtre ni pantomime, elles demeurent soumises à des impacts exactement analogues, se rendent à d’identiques arrêts, se glacent dans les mêmes interruptions. Le vocabulaire qui accompagne leur organisation en 2021 est signé du sceau quantitatif des administrations et de lexiques empruntés aux pharmacopées comme aux conseils d’état. Les mots du virus côtoient le virus des mots, et ce dès la prise de contact entre lecteurs et accueillants au téléphone, afin d’être bien certains de se comprendre et se rassurer&nbsp;: on <em>utilise</em> la même langue. &nbsp;</p><p style="text-align: justify;">Boris a fait partie cette année des lecteurs des Mille. Avant même d’arriver sur les lieux où il va lire des extraits d’<em>Augustin Mal n’est pas un assassin </em>de Julie Douard, il a repéré les expressions toutes faites auxquelles nul n’échappe, ces tournures de phrases qui encadrent la pensée, plus exactement qui recadrent les verbes donnant d’habitude vie à cette pensée. Il est question de <strong>«&nbsp;<em>scrupuleusement appliquer les règles sanitaires</em>&nbsp;»</strong> en cette époque de <strong>«<em> restriction</em>&nbsp;»</strong>, se pose alors le problème déterminant d’<strong>«&nbsp;<em>élargir la jauge</em>&nbsp;»</strong> ou non, car on craint <strong>«&nbsp;<em>de devoir refuser du monde</em>&nbsp;»</strong>. Lors de ses pérégrinations, Danièle rencontre soit une maire nouvellement élue qui <strong>« <em>s'est lancée dans l'aventure, avec un peu d'inquiétude vu le contexte&nbsp;</em>»</strong>, soit des fidèles des Mille <strong>«&nbsp;<em>dépassées par la difficulté de la mise en place d’une lecture par temps de pandémie</em>&nbsp;»</strong>, qui <strong>«&nbsp;<em>l’attendaient avec angoisse : Y aurait-il assez de monde ? Y aurait-il trop de monde ?&nbsp;Pourrait-elle avoir lieu ?</em> »</strong>. Trop de monde…</p><p style="text-align: justify;">Depuis décembre 2006, chacune des Mille Lectures d’Hiver reçoit – c’est une moyenne – entre une et trois dizaines d’auditeurs. Le joli défi, on s’en doute, est plutôt de faire venir les écoutants, pas de les repousser à l’entrée&nbsp;! Victimes de leur succès, amputées de leurs deux-tiers pour raisons hygiéniques, les Mille Lectures 2021 se sont battues de tous côtés, pour rester le plus possible en mesure de répondre à l’intense nécessité des publics de sortir de leur boîte à gens entre deux enfermements&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>Nous ne pouvions être plus de 13 dans la salle</em> »</strong> relate Mélissa, dont l’accueillante <strong>«&nbsp;<em>avait eu peu de réservations, mais craignait encore d'avoir trop de monde&nbsp;</em>»</strong> pour sa lecture de <em>Vente à la criée du lot 49 </em>de Thomas Pynchon. Trop de monde… Coraline fait même face à quelque chose d’insolite dans son parcours de lectrice publique, un insolite que CiCLiC a tenu à affronter pour que vive coûte que coûte cette quinzième édition : <strong>«&nbsp;<em>Lecture pour deux personnes. Ecoute puissante.</em>&nbsp;»</strong>, se souvient-elle, <em>Le Livre des reines</em> de Joumana Haddad en mains, citant son hôte&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>Je n’arrête pas de penser à ce moment incroyable que tu nous as offert. Quelle chance, mais quelle chance avons-nous eue de vivre ce moment. </em>»</strong> <strong>«&nbsp;<em>Quatre lectures c’est bien, c’est déjà ça de gagné sur le silence !</em>&nbsp;» </strong>s’exclame Bruno au sortir de son propre périple avec <em>Le Tiers temps</em> de Maylis Besserie.&nbsp;</p><p style="text-align: justify;">Pour les lecteurs, qui en tant que travailleurs de la scène et de l’écran ont connu une jachère professionnelle aux parfois terrifiants contrecoups sociaux, financiers et intellectuels<a href="file:///C:/Users/frain/Desktop/1%20-%20Lire%20par%20temps%20de%20peste%20-%20derni%C3%A8re%20version.docx#_ftn1" title="">[1]</a>, c’est aussi une chance, oui&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>Ma deuxième lecture&nbsp;! Je revis.</em>&nbsp;»</strong> avoue Sylvie, alors qu’elle fonce pour une mini-tournée, non plus de dix dates comme à l’accoutumée, mais de trois. Une dame lui confie, alors qu’elle lit <em>Au cœur d’un été tout en or&nbsp;</em>d’Anne Serre : <strong>«&nbsp;<em>C’est ma première sortie depuis le confinement et cela fait du bien d’entendre des mots, de voyager avec les mots de l’auteur.&nbsp;</em>» </strong>Et Sylvie d’abonder&nbsp;en son sens, en notre sens à toutes et tous :<strong> «&nbsp;<em>Je dois dire que cette femme exprimait ce que je ressentais.&nbsp;</em>»</strong></p><p style="text-align: justify;">Cela va loin, et ça part de plus loin encore. Adrienne témoigne&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>Une femme a fait 100 kilomètres aller-retour pour venir écouter cette lecture, tant elle en avait besoin, besoin d'être ensemble, de partager, d’être réunis. Cette situation inédite engendre des émotions telles que la gratitude, lorsque l'on mesure l'impact de la privation tout prend un relief différent.</em>&nbsp;»</strong></p><p style="text-align: justify;">Bien entendu, ce constat fait mal parfois, et Adrienne regrette l’inverse de ce fantasmatique «&nbsp;trop de monde&nbsp;»&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>trop de vide</em>&nbsp;»</strong> déplore-t-elle lors de l’une de ses lectures de <em>La Fiancée des corbeaux</em> de René Fregni. <strong>«&nbsp;<em>La spontanéité n’est pas aussi vive&nbsp;</em>»<em> </em></strong>que lors d’autres saisons, <strong>«<em>&nbsp;l’espace entre nous y est probablement pour quelque chose, car les gens ont eu envie de se rapprocher de moi pour me signifier leur plaisir et leur émotion.&nbsp;</em>» </strong>Alors,<strong> </strong>Benoît&nbsp;essaie de tirer la situation à l’avantage d’<em>Univerciel</em> et <em>Un amour</em>, deux recueils de poèmes de Christophe Manon qu’il a choisi de lire. C’est une mise à jour quelque peu forcée mais elle devient un exercice conscient et peut-être bénéfique. Il faut essayer. D’après Benoît, <strong>«&nbsp;<em>la distance réglementaire était de mise, ce qui ne favorise pas l'intimité, mais permet de "mettre" les textes un peu plus à distance. </em></strong>» La distance,<strong> </strong>Caroline la quantifie et la relativise dans un même geste de lectrice&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>en étant à plus de deux mètres des premiers auditeurs&nbsp;</em>»<em> </em></strong>(précisons que c’est plutôt beaucoup, par comparaison avec la majorité des Mille lectures qui se donnent d’ordinaire)<strong><em> </em>«<em>&nbsp;ce fut un bon moment, en petit comité, mais tout à fait dans l'esprit des Mille Lectures d'Hiver.&nbsp;</em>» </strong>Caroline lit <em>Sur les ossements des morts</em> de la Polonaise Olga Tokarczuk, et repart avec un marque-page sculpté dans de l’os, discret mais inoubliable présent qui lui est remis par un auditeur en hommage au titre du livre. Une revanche sur le squelette qui nous attend.<strong></strong></p><p style="text-align: justify;">Se donner des objets comme ça, par temps de peste, cela relève du défi. Anne-Elisabeth l’observe, les yeux au-dessus de son exemplaire de <em>L’Arbre-monde</em> de Richard Powers&nbsp;:&nbsp;<strong>«&nbsp;<em>Nos gestes sont méticuleux. Nous faisons attention.</em>&nbsp;»</strong> Si usuellement nombre de comédiens apportent des ouvrages des auteurs lus pour inviter les publics à y jeter un œil, il est évident <strong>«&nbsp;<em>que peu de monde osait prendre les livres exposés en main. Ils venaient voir les titres de près, les prenaient éventuellement en photo, mais ne les feuilletaient pas. Les conséquences de la pandémie s’immiscent partout et déforment les gestes les plus simples et les plus anodins.</em>&nbsp;» </strong>L’authentique contrebande, elle se trouve du côté de la lecture en tant que moment volé dans le moment, temps arraché aux temps&nbsp;:<strong> </strong>Thomas&nbsp;lit <em>Ma reine</em> de Jean-Baptiste Andrea, et <strong>«&nbsp;<em>tout le monde était heureux d'être là, une auditrice était même étonnée que cette lecture ait pu avoir lieu alors que les théâtres sont fermés </em>»</strong>&nbsp;; tout a beau se réaliser dans un cadre officiel où l’on peut demander aux lecteurs <strong>«&nbsp;<em>de garder le masque à titre d’exemple</em>&nbsp;»</strong>, <strong>«<em>&nbsp;les quelques personnes présentes sont des habitués qui viennent un peu comme en résistance</em>&nbsp;»</strong>,&nbsp;dans ce que les comédiens entrevoient comme <strong>«&nbsp;<em>des lectures de clandestinité, des lectures calfeutrées. Avec des rencontres toutes avortées d’accueillants préoccupés, qui vont avoir l’air de consommer cette lecture comme un alcool de prohibition.</em>&nbsp;» </strong></p><p style="text-align: justify;">Isabelle lisait <em>Nous sommes à la lisière</em> de Caroline Lamarche. Elle se souvient&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>A la fin de l'échange, quelqu'un me demande de parler de la situation de la culture, ce que je fais. Une femme me dit "vous vous plaignez tout le temps." Je lui fais remarquer que nous appliquons à la lettre ce qui nous est demandé : distance, gel, masques, et que nous sommes heureux de pouvoir, malgré tout, venir lire.</em> » </strong>François écrit, grandi de son expérience transbahutée hors des normes usuelles vers de nouvelles obligations extraordinaires&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>Je suis très content donc de cette campagne de lecture, merci encore de l'avoir permise, elle n'aura pas été rien loin de là, en tout cas pour moi elle reste très instructive.</em> » </strong>Et parfois, au contraire, tout lui aura paru rouler sur les sentiers connus, au point que cela passe presque pour fantastique&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>Le fait que cette lecture était comme "d'habitude" j'allais dire, grâce aux esprits mesurés des gens présents, nous laissa un sentiment intemporel, une échappée réelle dans ces moments cadenassés.</em>&nbsp;» </strong>François a lu <em>Extrêmes et lumineux</em> de Christophe Manon. Sarah, elle,&nbsp;se rappelle que <strong>«&nbsp;<em>c’est un moment assez étrange, un peu irréel, je crois qu’il y a un tel besoin de s’évader que chaque moment volé à la dépression ambiante est comme une petite victoire. Je les regarde&nbsp;</em>»<em> </em></strong>dit-elle de lycéens,<strong><em> </em>«<em>&nbsp;ils sont tellement vivants.&nbsp;</em>»</strong></p><p style="text-align: justify;">Pour Michèle Fontaine et CiCLiC, c’est ainsi un pari relevé au-delà de tout pourcentage que d’avoir su offrir et maintenir ces événements, ici par exemple dans une bibliothèque où <strong>«&nbsp;<em>le gel trônait à côté des piles de livres et des dessins d’enfants</em>&nbsp;»</strong>. C’est même pour chacun une <strong>«&nbsp;<em>grande joie de pouvoir enfin partager ce texte&nbsp;</em>»<em> </em></strong>qu’ils ont <strong>«<em>&nbsp;cru un moment ne jamais pouvoir lire en public&nbsp;</em>» </strong>tant tout est resté incertain, bouleversé parfois jusqu’à la dernière minute comme l’expliquent Bryan qui lisait <em>En finir avec Eddy Bellegueule</em> d’Edouard Louis ou Jean-Christophe avec <em>Le Monde sans vous</em> de Sylvie Germain&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>Nous nous sommes joints à plusieurs reprises car les annonces présidentielles risquaient d'annuler la lecture</em> » </strong>écrit Bryan, rappelant les va-et-vient de Julie Germain et Michèle Fontaine, suspendues au téléphone avec les quarante comédiens-lecteurs aussi bien qu’avec la responsable de tel centre culturel, pour savoir si une lecture serait possible ou pas. <strong>«&nbsp;<em>J'étais un peu stressé évidemment. Et puis rapidement j'ai senti que ça me faisait un bien fou. Être debout face à des gens qui écoutent. Se laisser transporter par l'émotion du texte. Partager des ressentis, des idées.</em>&nbsp;»</strong> <strong>«&nbsp;<em>La lecture a lieu et commence à 15h&nbsp;</em>» </strong>raconte Jean-Christophe.<strong> </strong>Un comble à la fin de la rencontre,<strong><em> </em>«<em>&nbsp;les portables se rallument et j'apprends que la lecture n'est pas autorisée par la préfecture mais il est trop tard, l'avis est arrivé pendant que je lisais. Nous sommes dans un autre temps, nous voyageons très loin ensemble. Espace-temps. Les avis et décrets se sont brisés sur ce silence </em>»</strong>. D’autres fois, les lecteurs ont pu voir leurs tournées garanties in extremis <strong>«<em> par l’amie de l’accueillante d’origine, qui quant à elle ne pouvait plus gérer la lecture car son conjoint était positif à la covid</em>&nbsp;» </strong>ou grâce aux démarches conjointes des forces en présence, CiCLiC s’escrimant sept jours sur sept à inventer des solutions en temps réel à des soucis renouvelés et amplifiés par la crise et son virus.</p><p style="text-align: justify;">En tant que lecteur public, on s’en doute, Jean-Christophe est souvent habitué à des auditoires plus denses et resserrés. Mais le changement de configuration redistribue les difficultés&nbsp;: le stress n’existe pas moins devant les petites assemblées. Ce n’est pas le même, c’est vrai. L’épreuve est davantage mesurable sur les visages moins nombreux, c’est vrai aussi. <strong>«&nbsp;<em>Cinq personnes, une grande salle, grande distance, j'ai un peu le trac dans cette lecture que j'ai l'impression de faire dans un contexte de science-fiction. Nous sommes tous abasourdis, sonnés, étonnés de nous retrouver là autour d'une lecture. Elle existe malgré tout.</em>&nbsp;<em>Il y a plus d'un an que cette relativement grande bibliothèque n'a pas organisé d'animation.&nbsp;</em>»</strong>&nbsp;Couvre-feu oblige ce soir, <strong>«</strong>&nbsp;<strong><em>nous savons que notre temps est compté après la lecture, nous échangeons. Essayer d'affronter tout ce qui nous retient, nous empêche. C'est aussi à l'intérieur que cela se passe.&nbsp;Important de parler, être heureux d'échanger, d'être simplement là autour de cette lecture. Sylvie Germain nous y aide, elle m'aide, je crois que nous nous faisons tous du bien.&nbsp;</em>»</strong></p><p style="text-align: justify;">Cette complicité qui confine à la compassion, elle apparaît aussi sous d’autres formes, par exemple comme esprit d’équipe et camaraderie, Bruno le prouve&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>Disons que ce ne fut pas une année facile, mais on a quand même, je crois, tenu le truc, et ça c’est bien ! C’était une année où l’on avait besoin de faire corps avec l’aventure, de s’épauler.&nbsp;Il se trouve que ce premier jour de lecture correspondait aussi au premier jour de mon camarade Antoine, et l’un et l’autre on a décidé de s’y accompagner pour le soutien. Moi ça m’a fait du bien. </em>»<em>&nbsp; </em></strong>Pour Bruno, le cœur et l’ambiance de ces tournées<strong><em> </em>«<em>&nbsp;c’est ça, plus que tout le reste.</em>&nbsp;»</strong> Ledit Antoine, quant à lui, c’est <em>Les Abattus</em> de Noëlle Renaude qu’il va lire&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>On respire, on parle avec des vraies gens et même que personne ne se trouve derrière un écran.&nbsp; Oui, bien sûr il y a les masques… A ce propos, c'est étrange et mystérieux, cet échange muet, par moment, qui ne passe que par les yeux... Le reflet de l'âme… Peut-être ?&nbsp;</em>»</strong></p><p style="text-align: justify;">Ah, les masques. <em>Le</em> masque. Accessoire par excellence du comédien, qu’il soit sculpté à même la chair du sourire, ou noué derrière les oreilles, taillé dans du bois, du cuir ou du plastique, alliance du plâtre et du papier mâché, nez de clown ou bouille d’Arlequin. En art dramatique, le masque n’est pas l’ennemi mais l’auxiliaire de la sincérité, son support de plus. En lecture publique, il ne saurait déroger à cette loi physique. L’Irlandais John Boyne a écrit un livre qui s’intitule <em>Les Fureurs invisibles du cœur</em>, que Danièle&nbsp;a pu dire dans ces conditions science-fictionnelles invoquées par Jean-Christophe&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>J'ai testé pour cette lecture le dispositif du guichet en plexiglas qui était disponible dans la médiathèque, ce qui m'a permis d'enlever mon masque, et tout le monde en a été content.</em> » </strong>La fine barrière translucide derrière laquelle s’assied Danièle est une autre manifestation imprévue du masque. Son métier d’actrice lui ordonne de faire face et elle s’acquitte de l’exigence technique dans ce castelet de marionnettes où tous peuvent enfin accéder à son visage.</p><p style="text-align: justify;"><strong>«&nbsp;<em>Tout le monde est masqué y compris moi</em>&nbsp;»</strong>, précise Yvan avec dérision, ajoutant, dans une fausse jubilation&nbsp;de marathonien, qu’il a <strong>« <em>réussi à rentrer chez [lui] à 18h sonnantes&nbsp;!</em>&nbsp;»</strong>. Le livre qu’il a défendu cette année, c’est <em>L’Amour est très surestimé</em> de Brigitte Giraud. L’amour&nbsp;? La mort aussi, mais on est tous d’accord qu’il vaut mieux ne pas faire courir de risques aux personnes qui ont le cran de venir entendre des livres dits à haute voix, c’est-à-dire des mots qui créent des courants d’air et la circulation des idées autant que des microbes&nbsp;: si elles sont là, ces personnes, c’est justement pour se sentir vivre.</p><p style="text-align: justify;">Les publics eux aussi ont leurs méthodes et se voient proposer des mécaniques de protection et de disposition dans l’espace. Guy Frédéric installe pour eux <strong>«&nbsp;<em>le coin-lecture dans la salle des fêtes</em>&nbsp;»</strong> avec les accueillants, <strong>«&nbsp;<em>c'est-à-dire que nous plaçons sept chaises qui semblent perdues dans l'immensité du désert… </em>»</strong>. Il va lire <em>Grande Tiqueté</em> d’Anne Serre. C’est une œuvre qui prend à revers toute tentative de céder malgré soi au jargon bureaucratique et médico-légal, rédigée dans une langue que n’auraient reniée ni Lewis Carroll, ni Henri Michaux, une écriture qui interloque et chavire tous les registres et se fout avec effronterie de la gueule des mots salauds. Ces mots qui ne sont pas forcément du français mais que tout le monde comprend – non pas qu’on les ait entendus dans une chanson rock, non. Plutôt dans des allocutions ministérielles ou des alertes qui clignotent en couleur sur votre téléphone. Isabelle déboule chez des officiels qui <strong>«&nbsp;<em>veulent à tout prix éviter un </em>cluster&nbsp;»</strong>. Or, qu’est-ce donc qu’une Lecture d’Hiver, sinon un «&nbsp;foyer de contagion&nbsp;» en effet, où la seule maladie qui se refile est la Connaissance en partage&nbsp;? Cette infection, on ne reculera devant rien ni personne pour la voir se répandre, elle est porteuse de vie et réanimatrice de destinées. Isabelle, toujours&nbsp;: <strong>«</strong><em>&nbsp;<strong>Le groupe devait être de six à sept personnes, malades, empêchées. Finalement quatre. L’accueillante me dit "Vous allez lire&nbsp;?..." Mais bien sûr !!!</strong>&nbsp;</em><strong>» </strong>La seule chose qui passera, ce sera la littérature.<em></em></p><p style="text-align: justify;">Dans ce désordre inopiné, où des remises en ordre sournoises s’imposent par en-dessous, à ensemencer à l’avance les discussions de <strong>«&nbsp;<em>couvre-feu</em>&nbsp;»</strong>,&nbsp;<strong>«&nbsp;<em>attestations pour déborder sur l’horaire</em>&nbsp;»</strong> et autres <strong>«&nbsp;<em>vaccinations</em>&nbsp;»</strong>, des solutions ont émergé comme elles pouvaient, Michèle Fontaine permettant aux traditionnels accueillants particuliers de transiter par des structures tierces – mairies, entreprises, salles associatives –, pour faire venir les comédiens, non plus chez eux, c’était contraire aux logiques de confinement, mais dans des lieux assez grands, capables d’agencer une telle manifestation. Ces gens ont parfois rendu faisables des lectures jusqu’à devant vingt personnes. Poétiquement, CiCLiC les a baptisés «&nbsp;Particuliers Ailleurs&nbsp;», ces passionnés engagés pour la lecture qui ne pouvaient plus recevoir quiconque dans leur appartement ou leur maison. «&nbsp;Particuliers Ailleurs&nbsp;», on dirait un titre d’album de pop française. Julien en fournit un exemple, pour l’une de ses quatre prestations autour de <em>Pas dupe</em>, d’Yves Ravey&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>D'habitude, elle reçoit une Mille Lecture d’Hiver chez elle. Comme cette année ce n'est pas possible, elle a proposé au centre socio-culturel d'accueillir cette lecture. La majorité des auditeurs et auditrices n'avait jamais assisté à une lecture à voix haute, ce fut donc une découverte. De même, le centre socio-culturel a maintenant envie de devenir accueillant.</em>&nbsp;»</strong></p><p style="text-align: justify;">Et puis voilà autre chose, qui voit les arythmies et les anormalités se concurrencer jusqu’à devenir, au choix, un bordel de banalités quotidiennes ou une succession de cocasseries qui feraient passer l’épidémie au troisième plan (c’est l’un des buts avoués)&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>J'arrive au lycée à l'heure du déjeuner prévu à la cantine pour faire connaissance avec mon accueillante, dans une ambiance très étrange. L'établissement est en train de découvrir qu'il y a de toute évidence une intoxication alimentaire .... certains internes malades depuis le matin, les classes se vident, les parents viennent rechercher leurs enfants. Même certains professeurs commencent à se sentir mal... dont mon accueillante. Mais la lecture se fait. L'accueillante refera appelle aux Mille Lectures, je pense. Elle semble convaincue des bienfaits du projet ! On oublie parfois en ces temps covid que d'autres évènements peuvent arriver, qui n'ont aucun rapport. Et parfois, c'est peut-être idiot, mais cela fait du bien !</em>&nbsp;» </strong>Ce jour-là,<strong> </strong>malade ou pas, Tiphaine leur a lu <em>La Géante</em>, de Laurence Vilaine.</p><p style="text-align: justify;"><strong>«&nbsp;<em>C’est curieux, ça fait un an maintenant. On ne s'attendait pas à ce que ce soit aussi long</em>.&nbsp;»</strong> réalise Marion, sans doute un peu hébétée par le constat rugueux, violent, acté par le calendrier. L’an passé à la même époque, cent quarante-huit lectures connurent une annulation à cause du corona et de ses incertitudes virales, ce fut donc déjà une déception : si les contrats de travail ont été respectés et que les comédiens ont tous été rémunérés comme le prévoyait leurs tournées, la covid a contraint à moins de rencontres donc à moins de joies partagées, or moins de lectures c’est moins de livres et vice versa. Et puisque l’on parle de livres, Marion en soumettait deux à ses auditoires, <em>Lapetitegens</em> et <em>C’est curieux</em>. Chacun est d’Isabelle Poinçon. Choisir de lire deux titres plutôt qu’un, cela arrive depuis la première édition des Mille Lectures d’Hiver en 2007, mais ce n’est pas si fréquent. Cela ne s’applique qu’à la lecture de recueils de poésie, ce qui répond à une quête intérieure de lecteur ou lectrice, autant qu’à un échange avec la direction des Mille, c’est vivace et ouvert en amont de la tournée, avant d’épouser un code auquel on ne se dérobera pas&nbsp;: on ne décide pas de lire ce soir tel livre plus qu’un autre, et demain l’inverse en fonction de ce que l’on pense du public que l’on va rencontrer, au contraire on lit bien des extraits des deux ouvrages, parce que l’on désire faire connaître à tous les mêmes passages, c’est une forme d’égalité, et puis en tout état de cause, aucun public, si ressemblant soit-il au précédent, ne réagit ou ne discourt de la même manière, avec les mêmes sensibilités, souvenirs ou énergies. C’est prouvé à chaque fois.</p><p><strong>«&nbsp;<em>Dire que j’ai le trac !<br /></em></strong><strong><em>Lire avec un masque<br /></em></strong><strong><em>Lire de la poésie<br /></em></strong><strong><em>Sortir de chez soi<br /></em></strong><strong><em>Dire que j'ai le trac et que je ne suis qu’à quelques pas de la maison<br /></em></strong><strong><em>Rien n'est habituel<br /></em></strong><strong><em>Depuis de années je participe aux Mille Lectures d’Hiver.<br /></em></strong><strong><em>Depuis des années ces lectures sont de grandes occasions.<br /></em></strong><strong><em>Partir loin<br /></em></strong><strong><em>D'habitude c’est ma grande tournée annuelle.<br /></em></strong><strong><em>Le dépaysement se vit en région Centre<br /></em></strong><strong><em>Aujourd'hui je lis<br /></em></strong><strong><em>C'est à 10 minutes de chez moi<br /></em></strong><strong><em>’’Et puis la lecture était bien dite aussi, donc c'est agréable, même avec le masque on vous entend’’.<br /></em></strong><strong><em>J'avais presque oublié, le masque. On s'habitue ?&nbsp;</em>»</strong></p><p>La question est rhétorique&nbsp;: non, on ne s’habituera jamais à rien. Car rien n’est d’avance jamais ni perdu, heureusement. Ni gagné, hélas.</p><div><hr align="left" size="1" width="33%" /><div><p style="text-align: right;">&nbsp;</p><hr /><p style="text-align: right;">&nbsp;<span style="text-align: left;">Fin du premier épisode.</span></p></div></div><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/1_12.jpg?itok=CLvp-tkt"/> Thu, 30 Sep 2021 13:54:01 +0200 https://ciclic.fr/actualites/lire-par-temps-de-peste-1-recits-de-la-15e-edition-des-mille-lectures-d-hiver actualites Albanie Fournier, journal, 22 août – 31 août 1893 : Thomas Giraud dans les pas d'Alain-Fournier https://ciclic.fr//vie-du-livre/projets-d-auteurs/les-auteurs-soutenus-cette-saison/thomas-giraud-ecrivains-au-centreciclic-en-2021/albanie-fournier-journal-22-aout-31-aout-1893-thomas-giraud-dans-les-pas-d-alain-fournier <p class="chapo" style="text-align: justify;"><span>Au printemps 2021, la quatrième et dernière étape de la résidence itinérante de Thomas Giraud le mène à la Maison-école du Grand Meaulnes à Épineuil-le-Fleuriel (18). Il découvre ainsi le lieu où vécut le jeune Henri-Alban Fournier de 1891 à 1898 avec ses parents instituteurs, lieu que l'on retrouve au début de son roman <em>Le&nbsp;Grand Meaulnes</em>. En attendant la rencontre prévue en avril 2022 pendant laquelle l'auteur <span>proposera un temps de restitution de sa création, <span>Ciclic vous dévoile dès maintenant le dernier opus de cette magnifique série,&nbsp;<em>Albanie Fournier, journal, 22 août – 31 août 1893</em>.</span></span></span><span style="font-size: 14.69px;"></span></p><blockquote><p style="text-align: justify;"><span>Au printemps 2021, l’auteur Thomas Giraud a parcouru la région Centre-Val de Loire, dans des lieux associés à quatre figures du patrimoine littéraire : le Musée Marguerite Audoux à Sainte-Montaine&nbsp;</span><small>(18),&nbsp;</small><span>le Musée Balzac – Château de Saché&nbsp;</span><small>(37)</small><span>, la Maison-école du Grand Meaulnes et la Maison natale d’Alain-Fournier&nbsp;</span><small>(18)</small><span>, ainsi que l'Association des amis de Michèle Desbordes&nbsp;</span><small>(45)</small><span>. Chacune de ces courtes résidences a suscité l'écriture d'un texte, qui fait l'objet d'une restitution par l'auteur, dans chacun des lieux. Rendez-vous le 16 octobre à Orléans pour&nbsp;</span><em>Descendre la Loire</em><span>, autour de Michèle Desbordes, et le 17 octobre au Musée Balzac&nbsp;</span><span>– Château de Saché&nbsp;</span><small>(37)&nbsp;</small><span>pour un temps de partage de son texte&nbsp;</span><em>L'avis du couturier Jean</em><span>. Les rencontres au Musée Marguerite Audoux et à la Maison-école du Grand Meaulnes auront lieu en avril 2022.&nbsp;</span><span><span>Quatre univers, tels qu’il se les imagine, quatre courtes fictions, à retrouver sur le site livre.ciclic.fr</span>.&nbsp;</span><span>Un projet soutenu par le réseau Écrivains au Centre et Ciclic-Centre Val de Loire.</span></p></blockquote><p class="accroche" style="text-align: center;"><strong>Albanie Fournier, journal, 22 août – 31 août 1893.</strong></p><blockquote><p><strong>Mardi 22 août&nbsp;</strong></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Debout à 7h. Le ciel est clair mais l’été se termine, les chaleurs suffocantes sont derrière nous. Cet été fut le plus chaud que nous ayons connu depuis que nous vivons à Epineuil, comme si les vents brûlants de la plaine de la Limagne étaient remontés jusqu’ici et étaient restés emprisonnés. J’attends avec impatience l’arrivée de l’automne, la seule saison supportable dans cette maison.</p><p style="text-align: justify;">Une fois la préparation des repas achevée, j’ai passé la plupart du temps dans le petit salon rouge, attendant que la matinée et l’après-midi s’écoulent. J’ai permis à Henri de venir y lire pendant que j’y étais. Il continue de faire dans sa chambre une chaleur qui semble pouvoir faire flamber la poussière et qui donne à l’air une odeur étroite, robuste, fine et mesquine qui empêche de respirer. Partager cet espace, ma pièce, en dehors de la période exceptionnelle de Noël me coûte un peu mais ce n’est pas sans intérêt que j’observe cet enfant grandir et gagner en concentration. Il sait que sa place dans cette pièce ne tient qu’à son silence. Il y est donc très sage.</p><p style="text-align: justify;">J’ai débuté la préparation de la rentrée scolaire. L’adjoint qui aidait Augustin est parti pour Bourges mais m’a laissé quelques notes sur la façon dont il procédait. J’aurais préféré écrire d’autres choses que ces cours mais je m’en sens incapable. L’envie d’écrire est là, le désir plus exactement. Cependant je suis sans force. Beaucoup me coûte sans que je ne sache parfaitement la raison de cette lassitude&nbsp;: le climat, cette fatigue inexplicable qui ne me quitte pas depuis des semaines. Mais la fatigue ne peut sans tautologie expliquer la lassitude.&nbsp;</p><blockquote><p><strong>Mercredi 23 août&nbsp;</strong></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Lever à 6h30. J’ai été réveillée par le trille des martinets. Il va y avoir de l’orage. C’est ce qui les a mis dans le ciel de si bonne heure. Comme eux, je devine depuis hier que la pluie arrive. Le jardin a besoin d’eau. Cette pluie sera salutaire sinon nous aurons des pommes et des poires bien sèches.</p><p style="text-align: justify;">Toute la journée, les nuages se sont accumulés par couches. Du blanc ils sont passés au gris, au violet mais pourtant pas une goutte n’est tombée. Henri a continué, malgré la chute des températures qui a rendu sa chambre sous les toits plus agréable, à venir dans la pièce rouge. Je n’ai pas eu le courage de l’en empêcher mais je l’ai prévenu que le cours normal des choses allait reprendre et qu’à partir de demain j’aurais à faire, j’aurais besoin de calme et que les règles devaient reprendre leur usage. Ce salon rouge est comme une partie de moi et doit le demeurer. Henri s’est installé sur la table où d’habitude je fais mes travaux de couture. Il manipule l’herbier entamé cet hiver. Il a écrit patiemment sur un cahier, en face des feuilles séchées, le nom de l’arbre d’où viennent ces feuilles.&nbsp;</p><blockquote><p><strong>Jeudi 24 août&nbsp;</strong></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Debout à 7h. Le grand événement de la journée, c’est qu’une pétition circule en ville. Il semblerait qu’un certain nombre de personnes s’opposent à ce que je prenne la suite de l’adjoint Hubert. Une poignée d’hommes semble trouver inconvenant qu’une femme soit chargée de l’éducation des jeunes garçons du village. Je ne connais pas le détail de la pétition ni même sa réalité, si ça se trouve ce ne sont que des commérages. Augustin n’en sait pas davantage mais ça ne l’a pas empêché d’être en colère toute la soirée. Il n’est pas parvenu à lire le journal, il a tourné en rond entre le salon et la cuisine, s’est agacé, s’est levé de table tant de fois qu’il a donné l’impression de ne jamais y être, a trouvé que le vin piquait, que les pommes de terres avaient mauvais goût. Une fois que les enfants ont été couchés, après qu’il les a sans raison, ou alors pour des vétilles, et à plusieurs reprises, copieusement grondés, il s’est emporté contre tous ceux qui à travers cette pétition, selon lui, ne cherchaient qu’une chose&nbsp;: lui faire du mal. Il n’a pas eu l’air de se soucier beaucoup de ce que je pensais. Pour lui c’était une affaire politique, une question républicaine, et donc une affaire entendue. Il voyait très bien «&nbsp;les coquins&nbsp;», selon ses mots, qui menaient ce combat d’arrière-garde. Quand je lui ai dit que cette pétition ne me faisait pas grand-chose, il a presque semblé surpris que je puisse avoir un avis. Il ne m’a rien répondu&nbsp;; il a seulement lissé ses moustaches entre le pouce et l’index de sa main droite.&nbsp;</p><blockquote><p><strong>Vendredi 25 août&nbsp;</strong></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Lever à 7h. Il a plu toute la journée. J’ai rangé et nettoyé la maison jusqu’à très tard.&nbsp;</p><blockquote><p><strong>Samedi 26 août&nbsp;</strong></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Lever à 7h15. La maison était encore endormie quand je suis sortie faire quelques pas dans le jardin avant de préparer le café. La température est plus fraiche et j’ai dû mettre sur mes épaules une petite laine. J’ai enfilé le tricot que je n’ai pas encore tout à fait achevé. Il reste quelques framboises et fraises remontantes que j’ai cueillies pour Isabelle et Henri. Je les mettrai de côté sinon je suis sûre que leur père les mangera sans se soucier de la raison pour laquelle les framboises et les fraises sont arrivées dans la maison. Il n’ira pas imaginer qu’elles sont arrivées là par magie mais se contenter de cette agaçante évidence&nbsp;: il y a des fraises et des framboises dans la maison, il va donc les manger. Je suis peut-être un peu injuste avec lui. Tout le monde ferait peut-être de la même façon.</p><p style="text-align: justify;">J’ai avancé mentalement dans le roman que je voudrais écrire. Mentalement seulement car tout ce qu’il faut faire dans la maison et les nécessités économiques du travail me contraignent de toujours repousser à plus loin le moment de m’y mettre. Il ne s’agit pas seulement de procrastination de ma part mais bien d’empêchement. Je ne sais si mon esprit dépérit. En irait-il différemment à Paris&nbsp;? La ville, ses mouvements, ses incitations et ses tentations me manquent mais c’est surtout tout ce que je dois faire pour la maisonnée, chaque instant, chaque minute, qui m’afflige. J’ai l’impression que ce temps volé a confisqué également ce que je savais faire auparavant. Il me prend l’idée, la technique mais aussi les règles, méthodes et usages patiemment appris. Mes mains sont plus lourdes sur le piano et j’entends bien que je peine, que j’accroche des notes et en oublie certaines dès qu’il s’agit de jouer autre chose que des petites comptines rassurantes. J’oublie le rythme des alexandrins et je me sens bien en peine de pouvoir réfléchir correctement, penser avec rigueur. Je voudrais mettre mon cœur en paix et cherche dans le quotidien des ruses pour profiter d’être ici, avec mes enfants, tout en maintenant éveillée la curiosité qui ne trouve, ici, en ce moment, pas grand-chose pour se mettre à l’épreuve.</p><p style="text-align: justify;">J’ai passé l’après-midi dans le salon rouge. J’ai relu les courriers que m’ont envoyés A. et C. pour comprendre ce qu’elles disaient de l’évolution de la forme des cols des robes cette saison à Paris. Elles ne disent pas tout à fait la même chose et leurs nuances me tracassent. S’agit-il véritablement de deux visions différentes&nbsp;? Ou bien est-ce un défaut dans l’expression de l’une&nbsp;? De l’autre&nbsp;? Ou pourquoi pas des deux&nbsp;?</p><p style="text-align: justify;">Henri a pensé qu’il pouvait prendre des habitudes dans ma pièce et cette fois je lui en ai refusé l’accès. Il m’a fait une scène en me disant que puisqu’il en était ainsi, sa chambre me serait interdite et il s’est plongé dans un solide mutisme qui s’est poursuivi par des regards noirs, par en-dessous, pendant le dîner et au moment du coucher.&nbsp;</p><blockquote><p><strong>Lundi 28 août&nbsp;</strong></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Lever à 7h mais réveillée depuis 5h par une insomnie. Je suis descendue dans le salon rouge en attendant que le jour se lève. Il se lève de plus en plus tard, l’automne s’approche. Je suis lasse d’être celle que tout le monde voit comme forte et en même temps originale. Je voudrais que l’on puisse percevoir, au moins Augustin, que ceci n’est qu’un artifice, une manière de tenir. Au lieu de ça, il compte sur moi, sans cesse, pour que je le rassure, que je sois admirative de ce qu’il entreprend ou au contraire réconfortante pour ses angoisses. Hier soir, il a évoqué de nouveau la pétition. Il semblerait qu’elle ait réuni une cinquantaine de signatures et il continue de la voir comme signifiant qu’à Epineuil cinquante personnes sont contre lui.</p><p style="text-align: justify;">Dans l’après-midi, une des dernières de libre avant la rentrée des classes, Henri a accepté d’emmener sa petite sœur Isabelle dans une de ses explorations qui le voient revenir avec des têtards, des couleuvres, ou des fruits tombés. Cette fois, ils sont rentrés les mains vides mais Isabelle était griffée sur les bras, sur les jambes et la bouche barbouillée du noir des mûres qu’ils sont allés cueillir. Ils m’en ont gentiment gardées quelques-unes.&nbsp;</p><blockquote><p><strong>Mardi 29 août&nbsp;</strong></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Debout à 6h30. Augustin est parti à la préfecture pour lire la pétition. Il a fallu lui préparer de quoi se nourrir pendant le voyage et inventer quelque chose à dire aux enfants pour ce déplacement imprévu de leur père. Augustin est si nerveux depuis trois jours que tout ce qui l’entoure de près ou de loin semble atteint, rendu aigre, mauvais. Cette journée sans lui nous rendra la vie un peu plus agréable et j’espère lui permettra de passer à autre chose.</p><p style="text-align: justify;">Les enfants sont allés jouer dans le jardin toute la journée. J’ai écrit à S. Je lui ai parlé de ce roman que je voudrais pouvoir écrire. Lui en dire quelques mots dans cette lettre c’est débuter finalement l’écriture proprement dite. J’ai eu l’impression que certaines idées, tout à coup, sur le papier à lettres, étaient bien inintéressantes et que certains points auxquels je n’attachais pas d’importance se révélaient beaucoup plus complexes à écrire.</p><p style="text-align: justify;">Augustin n’est pas encore rentré de Bourges. J’ai décidé de dormir dans le salon rouge afin de ne pas être réveillée lorsqu’il rentrera.&nbsp;</p><blockquote><p><strong>Mercredi 30 août&nbsp;</strong></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Debout à 6h. Augustin était déjà debout. Il m’attendait.&nbsp; Entre les mains il avait une copie de la pétition que les services de la préfecture l’ont autorisé à faire. La lettre est datée du 26 août 1893 et a été reçue à la préfecture du Cher le 28 comme en justifie le tampon d’accusé de réception. Adressée à Monsieur le Préfet, elle est composée de trois pages. Elle débute par un court texte dans lequel, en substance, il est donné avis au préfet de ce que les soussignés protestent contre la nomination comme adjointe dans l’école d’instituteur de garçons d’Épineuil de la femme de l’instituteur. Ils ne veulent pas que j’enseigne dans l’école de garçons car, dit le texte, «&nbsp;nous préférons que l’instruction soit donnée à nos garçons par un homme&nbsp;». La liste des signataires suit. Une petite cinquantaine. Les premiers ont signé de leurs noms, prénoms et robustes fonctions. Il y a trois conseillers municipaux dont l’un, le premier des signataires dont on ne sait s’il est le premier pour le prestige ou parce qu’il est l’instigateur de la pétition, cumule les fonctions municipales avec celle de délégué cantonal. Le dernier ne semble avoir signé qu’avec son prénom, Vincent. À moins qu’il faille lui associer le nom de famille de la ligne du dessus. Augustin m’a dit qu’il avait recopié mot à mot. Il y a peu de femmes parmi les signataires, seule peut-être une Michèle. Mais comme nous ne connaissons pas de Michèle, Augustin pense que c’est quelqu’un qui ne sait pas écrire son prénom et il a sa petite idée sur le Michel en question.</p><p style="text-align: justify;">Augustin semble apaisé. Il a reçu des assurances du directeur du cabinet du préfet. Ils ne donneront pas d’autre suite à ce courrier qu’une simple transmission au rectorat qui fera une réponse pour la forme. Augustin interprète la réponse qui lui a été faite comme une victoire. N’ayant pas eu l’impression qu’il y avait le moindre combat, je le prends seulement comme une information.&nbsp;</p><blockquote><p><strong>Jeudi 31 août&nbsp;</strong></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Debout à 7h. ll fait un ciel sans nuage et une température agréable. Henri et moi sommes partis marcher de longues heures. Nous avons traversé un bon bout du pays pour aller jusqu’à la butte, à Saint-Désiré, sur laquelle se trouve la chapelle Sainte-Agathe. Henri ne l’avait jamais vue de près et n’avait de la chapelle que les contours lointains qu’il en devinait à travers la lucarne de sa chambre. De la chapelle, nous avons reconstitué le territoire, cherché des yeux Epineuil et surtout la maison-école que nous n’avons pas parfaitement identifiée. Nous avons aperçu, en regardant dans l’autre direction, transperçant le ciel bleu d’un autre bleu, plus foncé que le ciel, la chaîne des Puys. C’était très beau. Nous sommes rentrés éreintés de cette longue marche. Henri m’a dit qu’il n’oublierait jamais. Les enfants sont émouvants dans leur sérieux et leur détermination.</p><p style="text-align: justify;">D’avoir ainsi délassé mes jambes, mes bras, de n’avoir occupé mon cerveau qu’avec le vent et les conversations malines et ingénues de mon fils, m’a beaucoup reposée. Mes idées pour ce que je voudrais écrire semblent s’être alignées de manière harmonieuse dans ma tête. Je profiterai des derniers jours avant la rentrée pour tenter d’en écrire les premières lignes.</p><p style="text-align: justify;">[Thomas Giraud, 2021]</p><img src="https://ciclic.fr/sites/default/files/styles/medium/public/maison_ecole_d_alain_fournier.jpg?itok=MBFKKv5f"/> Mon, 27 Sep 2021 15:02:42 +0200 https://ciclic.fr/vie-du-livre/projets-d-auteurs/les-auteurs-soutenus-cette-saison/thomas-giraud-ecrivains-au-centreciclic-en-2021/albanie-fournier-journal-22-aout-31-aout-1893-thomas-giraud-dans-les-pas-d-alain-fournier actualites