"Vasco" : un horizon de sable

En privilégiant les techniques d’animation traditionnelle, la résidence Image Image à Château-Renault a été le témoin de la diversité des formes et des matériaux utilisés dans le cinéma d’animation. Pour son court métrage Vasco, Sébastien Laudenbach a choisi l'animation de sable, une technique aussi rare que minutieuse. L’accueil en résidence de ce réalisateur touche-à-tout a donné l’occasion à Ciclic d’en savoir un peu plus sur cette forme si particulière…

Sébastien Laudenbach, réalisateur touche-à-tout et animateur multiforme, a expérimenté nombre de techniques d’animation dans son parcours de cinéaste. Evoluant avec des matières différentes, il restitue par les techniques une sensibilité ou une atmosphère singulière dans chacun de ses films. Chez Laudenbach, le dessin ou les objets suggèrent une émotion et la forme apparait comme un élément narratif. Après le récit très personnel et introspectif de Regarder Oana mêlant dessins, écriture sur verre et animation d’objet, le réalisateur explore d’autres horizons et convoque l’imaginaire et le désir d’un ailleurs en utilisant la technique de l’animation de sable. Réalisé au studio Image Image de Château-Renault entre novembre 2009 et février 2010, Vasco nous propose un voyage musical et sensible, hommage à L’Horizon de Dominique A, et nous invite à questionner une technique minutieuse, l’animation de sable. L’histoire énigmatique de la chanson est ici sublimée par cette technique à travers les contrastes et les jeux sur la texture qu’elle permet. Le sable semble la matière idéale quand il s’agit de traiter un ailleurs fait d’océan, de mer et de terre, et le choix de cette technique s’affirme ici comme un choix esthétique qui fait sens dans le récit et donne corps aux thématiques abordées.

Pour concevoir le film et donner du mouvement au sable, il est possible d’utiliser la technique de l’image par image en prenant à chaque étape de la création une photographie qui en se succédant rapidement, s’animent. Le travail peut également être filmé en temps réel et l'on peut ainsi observer le processus de création. Le making of réalisé lors de la venue de l'équipe de Vasco à la résidence, nous permet de découvir les subtilités de l'animation de sable et de plonger dans les coulisses de la réalisation du film.