"Si jamais nous devons disparaître ce sera sans inquiétude mais en combattant jusqu'à la fin", de Jean-Gabriel Périot

Dans ce film du réalisateur Jean-Gabriel Périot, le pouvoir des images s'unit à celui de la musique...

Le réalisateur Jean-Gabriel Périot nous invite à une expérience surprenante. Face au spectateur, un groupe de femmes et d'hommes aux visages fermés sont postés, face à une scène dans une quasi pénombre. La situation intrigue et le titre met le spectateur dans l'attente. Nombre de ses autres films, courts et longs ont des titres qui interpellent : Les Barbares, L'Art délicat de la matraque ou encore De la joie dans ce combat.

Le cinéaste, avec plus d'une vingtaine de courts métrages et vidéos à son actif et trois longs métrages dont Nos défaites sorti à l'automne 2019, utilise les mots, les images tels des uppercuts.

Réalisé en 2014, Si jamais nous devons disparaître ce sera sans inquiétude mais en combattant jusqu'à la fin est un film essai, à la frontière entre la performance, la danse et le cinéma. Le court métrage débute avec des plans serrés sur du matériel sono, un plan large dévoile une scène avec les instruments installés, sans personne. Un cut et nous avons face à nous, plein écran, dans le silence, un groupe d'hommes et de femmes. Plusieurs plans de ces visages, puis l'attente. 

Les musiciens entrent en scène et commencent à jouer, des percussions d'abord puis la guitare électrique... Les corps entrent en mouvement, en écho, en résonance. Le récit s'installe dans cet écho : des musiciens, des instruments, de la musique, des visages, des corps se répondent sans un mot. Une chorégraphie prend forme née d'une force étonnante ; telle une danse primale nécessaire. 

Résumé du film : Un guitariste et un batteur jouent un morceau de rock instrumental. Le public se meut au rythme de la musique. Parmi la foule, une femme, singulière. La musique s'arrête après une longue montée en puissance. La femme, tombée au sol, lutte contre l'inertie de son corps. La vie revient dans son corps éteint, les musiciens reprennent possession de leurs instruments. Ils entament une seconde montée en puissance. Un paroxysme sonore, corporel et visuel, et la lutte de cette femme et des musiciens pour le faire s'éterniser.