HOMO/ANIMAL

À quoi pensent une vache, un cochon, un ours, un chien et deux escargots quand ils sont face à l’homme ? Un réponse en six plans séquences. 

"Chaque séquence met en scène un animal dans son environnement à travers un plan unique, volontairement étiré pour laisser au regard le temps de scruter, d'évaluer, de se perdre dans l'image, puis imaginer, ressentir et enfin comprendre." Arnauld Visinet, Bref n°95. 

Avec HOMO/ANIMAL, ce n'est pas tant la notion d'anthropomorphisme qui est en question qu'au contraire le rapport de l'homme au monde, et aux créatures qui le peuplent avec lui. L'homme, souvent dominateur de son environnement, n'en est-il pas pour autant un étranger ? L'observation de la vache, du cochon, de l'ours ou de l'escargot ouvre une porte vers un monde inconnu, celui de "l'autre" animal. 

Homo/animal fait partie pour le réalisateur d'une trilogie où il observe le monde et le rapport des hommes au monde à travers des plans séquences. Le premier film de cette trilogie est Corpus Corpus où les séquences montrent les relations humaines entre elles, on voit un corps prendre soin d'un autre corps, sans qu'aucun des deux ne dévoile son visage. Homo/végétal qui complète et finalise la trilogie s'intéresse au rapport de l'homme au végétal, à travers six plans-séquences. Christophe Loizillon fait le choix de poursuivre ce travail, en réunissant ces 3 regards dans un autre film intitulé Etres vivants, mettant ainsi l'accent sur un "état des lieux de la cohabitation des êtres, et sur la conscience [ou plutôt son inconscience] de l’homme d’être vivant parmi d’autres êtres vivants".