Publié le 19/03/2020

Quand la bande dessinée prend vie

Découvrir une œuvre, un univers, se l'approprier, et à son tour expérimenter le processus de création.

Voilà comment pourrait être résumé en quelques mots ce qu'a vécu une classe de terminale du Lycée agricole de Vendôme en janvier 2020. Le projet avait pour objectif de sensibiliser les élèves au cinéma d'animation et à la bande dessinée. Quoi de mieux donc, que de travailler à l'adaptation d'une bande dessinée en film d'animation !

De la découverte de l'œuvre au travaux préparatoires

Les élèves ont découvert dans un premier temps la bande dessinée L'odeur des garçons affamés écrite par Loo Hui Phang et dessinée par Frédérik Peeters : un western qui joue habilement avec les codes du genre et conte l'histoire d'une mission à la dérive dans les territoires reculés de l'ouest américain.

Armé d'un questionnaire, une deuxième lecture permet de débuter un travail d'écriture sur le passé des trois personnages principaux : Oscar, Milton et Stingley. À travers les indices collectés tout au long de l'album, les élèves sont invités à caractériser chacun d'eux afin d'imaginer leur histoire.

Ce travail d'écriture se poursuit ainsi sur plusieurs séances, guidé par les retours critiques réguliers des intervenants artistiques du projet : Loo Hui Phang et Matthieu Carré. Melaine Leroux, l'enseignant qui encadre le projet, incite les élèves à faire appel à leurs représentations mentales du western.
Au fur et à mesure, des pistes sont écartées et d'autres retenues, les scénarios s'affinent, les décors s'esquissent et les trois (futures) séquences animées prennent corps.

Une semaine en immersion : écriture, dessin et cinéma d'animation

Une semaine est banalisée en janvier afin de plonger les élèves durant cinq jours dans les coulisses du cinéma d'animation.

Cette immersion débute par la visite de la résidence d'animation de Ciclic Centre-Val de Loire à Vendôme. Au programme : des explications sur ce qu'est le cinéma d'animation, la visite de l'exposition "Le cinéma d'animation en volume avec Pierre-Luc Granjon", une rencontre et un échange avec Chenghua, réalisatrice en résidence. Pour finir quelques courts métrages d'animation soutenus par l'agence sont projetés.

Le lendemain, la classe accueille Loo Hui Phang afin de travailler en sa compagnie à l'écriture des dialogues et voix off. L'autrice guide les élèves et leur explique par exemple pourquoi un langage trivial est plus pertinent chez Oscar que chez Stingley. En parallèle les élèves peaufinent les storyboards, croquis et esquisses des décors et des personnages en prévision du travail d'animation à venir.

Ce travail, c'est Matthieu Carré qui l'encadre les jours suivants après avoir fait le choix de la technique du papier découpé.
Cette fois, on y est : crayons, feutres et ciseaux s'agitent et font apparaître les différents décors et personnages, de face comme de profil, de près comme de loin. Puis vient le tournage, étape longue et fastidieuse, afin d'enregistrer image par image les déplacements des personnages dans chaque univers. Les élèves réalisent que l'animation demande de la minutie et beaucoup de patience. En parallèle des élèves s'activent sur la prise de son et tour à tour, chacun passe derrière le micro afin d'enregistrer répliques, voix off ou encore bruitages "maison".

La dernière étape est le montage : découpage, ordre des séquences, travail méticuleux afin d'accorder images et voix, etc. Encore une fois la patience est de mise. Matthieu Carré initie les élèves aux subtilités de cette pratique pendant que d'autres, en tout autonomie grace à la pratique des précédents jours, travaillent sur le générique final.

Le making-réalisé par Melaine Leroux donne un aperçu autrement savoureux des coulisses de cet atelier. 

THE END