Publié le 08/11/2019

Fracture numérique

Le futur pour commenter le présent

Les élèves de l'atelier de pratique artistique du Lycée Jean Mermoz de Bourges, ont travaillé sur l'interaction de l'homme et de la science pour la réalisation de leurs films de l'an passé. 

Traversés par l'explosion du numérique et l'émergence des réseaux connectés, les modes de création s'intensifient et participent à un renouveau permanent. En quelques décennies, la société a entrepris de multiples expérimentations, et ainsi refondé pour une part, le cadre des arts. Le cinéma — aujourd'hui numérique — a, de nombreuses fois, interrogé la science, tant par ses progrès que par ses échecs : voyage dans l'espace ou à travers le temps, monstres et aliens, mutations, téléportations, vaisseaux spatiaux, transformations, ...


Ces travaux interrogent les transformations et les mutations issues du dialogue hommes-machines, homme-science. Les imaginaires cinématographiques de la menace (qu'elle soit d'origine naturelle, technologique ou sociale) de ces deux films traduisent le climat mental de notre époque et nous donnent à voir une vision futuriste et décadente de la contemporanéité.

"Le cinéma a le pouvoir de révéler les tensions, les craintes et les contradictions qui composent le débat public auquel les spectateurs participent eux-mêmes. Moyen d'expression de la culture de masse, le cinéma fait adhérer le public à son époque et au monde qui est le sien. Edgar Morin note : "la culture de masse, qui correspond à l'homme d'un certain état de technique, de l'industrie, du capitalisme, de la démocratie, de la consommation, met aussi l'homme avec l'espace-temps du siècle". Le cinéma, nous montre comment l'homme s'insère dans le monde et comment il s'inscrit dans une période historique. Les différentes menaces qui pèsent aujourd'hui sur les sociétés sont prises en charge par le médium cinématographique qui en donne une image en correspondance avec le temps présent." Nathalie Boudou in Imaginaires cinématographiques : émergence du héros postmoderne, éd. l'Harmattan, séries études culturelles, Logiques Sociales.

Recyclage (8 minutes 42) :
Dans une société proche du Meilleur des Mondes de Huxley, chaque individu a le même visage selon la fonction qu'il occupe dans le groupe. Le héros gaffeur semble inadapté à cette société et ce malgré les différents recyclages.

Participants : Julicia Avanande, Marine Courtot, Madisson Coquibus, Marion Grond, Ridha Khélifi, Annabelle Laborde, Stacy Nazzari et la participation de Robin Gaillard
Encadrants : Joël Philippeau (professeur de lettres et d’anglais) et Pierre Trigona (professeur de lettres et d’histoire), Jessy Bligant (professeur de lettres et d’histoire)
Intervenant : Laurent Pineau (monteur)
Lieu de préparation : le lycée Mermoz à Bourges
Lieux de tournage : le lycée (ateliers, internat, infirmerie...), parc paysager de Bourges
Cadre : atelier artistique 
Genre et technique : un film de fiction, comédie futuriste

Par l’effet de duplication, Recyclage semble vouloir traduire la menace d'un monde gouverné par l'aliénation et l'exploitation des hommes. Une aliénation traduite par la réalisation de tâches imposées, le protagoniste sabotant à chaque fois le travail demandé. Ce film révèle également en filigrane les travers d’une société kleenex où les êtres humains -répliques inachevées d'un original bancal et dépersonnalisés- seraient interchangeables à souhait ; une société où seul le règne du capitalisme et du profit compterait. Cette société mise en lumière par les élèves pourrait-elle être la notre ? 

Ciclic - Lycée Jean Mermoz de Bourges (18)