Publié le 28/05/2021

En salles : "Vers la bataille" d'Aurélien Vernhes-Lermusiaux

En salle à partir du 26 mai

Pour son premier long métrage, Aurélien Vernhes-Lermusiaux nous offre un récit fascinant qui plonge le spectateur dans une tranche méconnue de l'histoire : l'expédition française menée au Mexique par Napoléon III jusqu'en 1867. Cette intervention militaire, concomitante à la Guerre de Sécession américaine, s'est soldée par l'échec du Second Empire français. Ce beau film sur l'errance d'un jeune photographe idéaliste sort sur les écrans le 26 mai 2021.

Synopsis :

Vers 1860, Louis, un photographe, réussit à convaincre un général de l’armée française de l’envoyer au Mexique pour prendre des clichés de la guerre coloniale qui y fait rage. Sur place, perdu entre les lignes, toujours à contretemps, Louis est incapable de trouver les combats et de prendre le moindre cliché. Sa rencontre avec Pinto un paysan mexicain auquel il va lier son destin, va le conduire à découvrir, non la gloire et l’argent, mais un moyen d’affronter les fantômes de son passé.

Aurélien Vernhes-Lermusiaux s’intéresse, dans son projet le plus ambitieux, aux précurseurs ou pionniers d’une technique nouvelle : la photographie. Passionné par cet art, le réalisateur souhaite depuis longtemps raconter cet outil à une période où son utilisation était extrêmement contraignante : temps de pause particulièrement long, besoin de beaucoup de lumière, matériel encombrant … Le film évoque pourtant un sujet très actuel avec la question de la manipulation des images qui rappelle nos « fake news ». Une démarche nouvelle pour l’époque, qui est combattu par Louis, attaché à photographier le réel. Vous l’aurez compris, ce film étonne par son imprégnation d’enjeux très actuels dans le décor mexicain du XIXe siècle.

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Intention du réalisateur :

Il me semblait important de confronter deux personnages qui n’ont rien à voir entre eux et au final, il se passe quelque chose de l’ordre de l’humanité, de la transmission, et même de l’héritage. Je voulais souligner la médiocrité du colonisateur puissant et arrogant qui méprise l’autochtone qu’il considère plus faible et idiot. Cette rencontre pourtant improbable va lier d’amitié les deux hommes et finir de sceller la prise de conscience morale de Louis. Je n’ai pas choisi par hasard la guerre que la France a menée au Mexique : on en parle très peu chez nous, mais c’est un conflit majeur dans l’histoire du Mexique et aux yeux des Mexicains. En parallèle avec le motif de la photographie, c’était important de situer le film dans un événement historique dont les vestiges sont presque invisibles. Je voulais rendre à nouveau visibles ces traces.

Propos recueillis par Serge Kaganski

Ce film, produit par Noodles Production et Rezo Productions a bénéficié du soutien de Ciclic - Région Centre-Val de Loire, en partenariat avec le CNC.